Illustré, mis en lumière
Les Juifs nous fournissent encore d'autres auteurs très anciens dont vous verrez les témoignages. Ils ont d'anciens commentaires sur les livres de l'Ecriture et, entre autres, les paraphrases chaldaïques qu'ils impriment avec leurs Bibles. Us ont leur livre qu'ils nomment Talmud, c'est-àdire doctrine, qu'ils ne respectent pas moins que l'Écriture elle-même. C'est un ramas ^ de traités et des sentences de leurs anciens maîtres; et, encore que les parties dont ce grand ouvrage est composé ne soient pas toutes de la même antiquité, les derniers auteurs qui y sont cités ont vécu dans les premiers siècles de l'Eglise. Là, parmi une inflnité de fables impertinentes- qu'on voit commencer pour la plupart après les temps de Noire-Seigneur, on trouve de beaux restes des anciennes traditions du peuple juif et des preuves pour le convaincre.
Et d'abord il est certain, de l'aveu des Juifs, que la vengeance divine ne s'est jamais plus terriblement ni plus manifestement déclarée qu'elle fit dans leur dernière désolation.
C'est une tradition constante attestée dans leur Talmud, et confirmée par tous leurs rabbins, que, quarante ans avant la ruine de Jérusalem, ce qui revient à peu près au temps de la mort de Jésus-Christ, on ne cessait de voir dans le temple des choses étranges. Tous les jours il y apparaissait de nouveaux prodiges, de sorte qu'un fameux rabbin s'écria un jour : « 0 temple, ô temple, qu'est-ce qui t'émeut, et pourquoi te fais-tu peur à toi-même^ » ?
Qu'y a-t-il de plus marqué que ce bruit affreux qui fut ouï par les prêtres dans le sanctuaire le jour de la Pentecôte, et cette voix manifeste qui sortit du fond de ce lieu sacré : « Sortons d'ici, sortons d'ici » ? Les saints anges protecteurs du temple déclarèrent hautement qu'ils l'abandonnaient, parce que Dieu, qui y avait établi sa demeure durant tant de siècles, l'avait réprouvé.
Josèphe et Tacite même ont raconté ce prodige *. Il ne fut aperçu que des prêtres. Mais voici un autre prodige qui a éclaté aux yeux de tout le peuple; et jamais aucun autre peuple n'avait rien vu de semblable ». Quatre ans devant la