‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 181 sur 339 · R. Jotianan, (Ils de Zacai, Tr. de fest. expiât · texte numérisé non relu

R. Jotianan, (Ils de Zacai, Tr. de fest. expiât

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guerre déclarée, un paysan, dit Josèphe*, se mit à crier : « Une voix est sortie du côté de l'Orient, une voix est sortie du côté de l'Occident, une voix est sortie du côté des quatre vents : voix contre Jérusalem et contre le temple; voix contre les nouveaux mariés et les nouvelles mariées ; voix contre tout le peuple ». Depuis ce temps, ni jour ni nuit il ne cessa de crier : « Malheur, malheur à Jérusalem » ! Il redoublait ses cris les jours de fête. Aucune autre parole ne sortit jamais de sa bouche : ceux qui le plaignaient, ceux qui le maudissaient, ceux qui lui donnaient ses nécessités ^, n'entendirent jamais de lui que cette terrible parole : a Malheur à Jérusalem » I II fut pris, interrogé et condamné au fouet par les magistrats : à chaque demande et à chaque coup, il répondait sans jamais se plaindre : « Malheur à Jérusalem » ! Renvoyé comme uii insensé, il courait tout le pays en répétant sans cesse sa triste prédiction. Il continua durant sept ans à crier de cette sorte sans se relâcher et sans que sa voix s'affaiblît. Au temps du dernier siège de Jérusalem, il se renferma dans la ville, tournant infatigablement autour des murailles et criant de toute sa force : « Malheur au temple, malheur à la ville, malheur à tout Je peuple »! A la fin il ajouta : « Malheur à moi-même »! et en même temps il fut emporté d'un coup de pierre lancé par une machine.

Ne dirait-on pas, Monseigneur, que la vengeance divine s'était comme rendue visible en cet homme qui ne subsistait que pour prononcer ses arrêts; qu'elle l'avait rempli de sa force, afin qu'il pût égaler les malheurs du peuple par ses cris; et qu'enfin il devait périr par un effet de cette vengeance qu'il avait si longtemps annoncée, afin de la rendre plus sensible et plus présente, quand il en serait non seulement le prophète et le témoin, mais encore la victime?

Ce prophète des malheurs de Jérusalem s'appelait Jésus. Il semblait que le nom de Jésus, nom de salut et de paix, devait tourner aux Juifs, qui le méprisaient en la personne de notre Sauv-eur, à un funeste présage ^ ; et que, ces ingrats ayant rejeté un Jésus qui leur annonçait la grâce, la misé-

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