Orat., m, in Judsos
yeux sur le peuple même, autrefois le temple vivant de Dieu, et maintenant l'objet de sa haine. Les Juifs sont plu? abattus que leur temple et que leur ville. L'Esprit de vérité n'est plus parmi eux; la prophétie y est éteinte; les promesses sur lesquelles ils appuyaient leur espérance se sont évanouies : tout est renversé dans ce peuple, « et il n'y reste plus pierre sur pierre ».
Et voyez jusqu'à quel point ils sont livrés à l'erreur, Jésus- Christ leur avait dit : « Je suis venu à vous au nom de mon Père, et vous ne m'avez pas reçu; un autre viendra en son nom et vous le recevrez* ». Depuis ce temps l'esprit de séduction règne tellement parmi eux qu'ils sont prêts encore à chaque moment à s'y laisser emporter. Ce n'était pas assez que les faux prophètes eussent livré Jérusalem entre les mains de Titus ; les Juifs n'étaient pas encore bannis de la Judée, et l'amour qu'ils avaient pour Jérusalem en avait obligé plusieurs à choisir leur demeure parmi ses ruines. Voici un faux Christ qui va achever de les perdre. Cinquante ans après la prise de Jérusalem, dans le siècle de la mort de Notre-Seigneur, l'infâme Barcochébas, un voleur, un scélérat, parce que son nom signifiait le fils de l'étoile, se disait l'étoile de Jacob prédite au livre des Nombres^, et se porta pour le Christ ^. Akibas, le plus autorisé de tous les rabbins, et à son exemple tous ceux que les Juifs appelaient leurs sages, entrèrent dans son parti, sans que l'imposteur leur donnât aucune autre marque de sa mission, sinon qu'Akibas disait que le Christ ne pouvait pas beaucoup tarder*. Les Juifs se révoltèrent par tout l'empire romain sous la conduite de Barcochébas, qui leur promettait l'empire du monde. Adrien en tua six cent mille; le joug de ces malheureux s'appesantit, et ils furent bannis pour jamais de la Judée.
Qui ne voit que l'esprit de séduction s'est saisi de leur cœur? « L'amour de la vérité, qui leur apportait le salut, s'est éteint en eux ; Dieu leur a envoyé une efficace d'erreur