‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 195 sur 339 · Lact., Div. instit., lib. IV, c. xxi · texte numérisé non relu

Lact., Div. instit., lib. IV, c. xxi

4. Phleg., lib. XIII et XIV; Chron. apud Orig., lib. Il, eont. Cels.

Ainsi rien n'arrive aux Juifs qui ne leur ait été prophétisé. La cause de leur malheur nous est clairement marquée 'lans le mépris qu'ils ont fait de Jésus-Christ et de ses disciples. Le temps des grâces était passé, et leur perte était inévitable.

C'était donc en vain, Monseigneur, que Titus voulait sauver Jérusalem et le temple, La sentence était partie d'en haut : il ne devait plus y rester pierre sur pierre. Que si un empereur romain tenta vainement d'empêcher la ruine du temple, un autre empereur romain tenta encore plus vainement de le rétablir. Julien l'Apostat, après avoir déclaré la guerre à Jésus-Christ, se crut assez puissant pour anéantir ses prédictions. Dans le dessein qu'il avait de susciter de tous côtés des ennemis aux Chrétiens, il s'abaissa jusqu'à rechercher les Juifs, qui étaient le rebut du monde. Il les excita à rebâtir leur temple ; il leur donna des sommes immenses, et les assista de toute la force de l'empire'. Écoutez quel en fut l'événement, et voyez comme. Dieu confond les princes superbes. Les saints Pères et les historiens ecclésiastiques le rapportent d'un commun accord, et les justifient pardes monuments qui restaient encore de leur temps. Mais il fallait que la chose fût attestée par les païens mêmes. Ammian Marcellin, gentil de religion et zélé défenseur de Julien, l'a raconté en ces termes* : « Pendant qu'Alipius, aidé du gouverneur de la province, avançait l'ouvrage autant qu'il pouvait, de terribles globes de feu sortirent des fondements qu'ils avaient auparavant ébranlés par des secousses violentes ; les ouvriers, qui recommencèrent souvent l'ouvrage, furent brûlés à diverses reprises, le lieu devint inaccessible, et l'entreprise cessa ».

Les auteurs ecclésiastiques, plus exacts à représenter un événement si mémorable, joignent le feu du ciel au feu de la terre. Mais enfin la parole de Jésus-Christ demeura ferme. Saint Jean Chr>'sostome s'écrie : « Il a bâti son Eglise sur la pierre, rien n'a pu la renverser ; il a renversé le temple, rien ne l'a pu relever : Nul ne peut abattre ce que Dieu élève ; nul ne peut relever ce que Dieu abat^ ».

Ne parlons plus de Jérusalem ni du temple. Jetons les

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