NOTICE SUR BOSSUET
Discours sur l'histoire universelle, gui est resté avec les Oraisons Funèbres, la plus populaire de ses œuvres. C'est encore pour le Dauphin qu'il écrivit son traité de la Connaissance de Dieu et de soi-même, application lumineuse des principes de Descartes, et la Politique tirée des propres paroles de l'Écriture sainte, où il donne la théorie de la royauté absolue. En 4662, Bossuet avait déjà prononcé l'oraison funèbre duP. Bourgoing, supérieur général de l'Oratoire, puis celles d'Anne d'Autriche et de divers autres personnages. Mais c'est par l'oraison funèbre de la reine d'Angleterre, veuve de Charles /"■, qu'il ouvre véritablement la série de ses chefs-d'œuvre oratoires, qui se termine par celle du grand Coudé. En 4674, Bossuet publia son Exposition de la foi catholique ; c'est à ce moment que l'Académie Française lui ouvrit ses portes.
L'éducation du Dauphin terminée, il fut nommé premier aumônier de la Dauphine, puis évéque de Meaux {4684). C'est à ce dernier titre qu'il fut chargé de prononcer le discours d'ouverture dans la fameuse assemblée du clergé de France. Ce fut aussi lui qui rédigea les quatre articles de la Déclaration du Clergé de France (4682). La même année, il publia le Traité de la communion sous les deux espèces ; puis vinrent ses Élévations sur les mystères et ses Méditations sur l'Évangile, créations pleines d'enthousiasme, de poésie et de foi, où il mérita si bien ce titre d'AiGLE dk Meaux, qui est à jamais consacré. On ne sait pas au juste quelle part Bossuet prit à la révocation de ledit de Nantes (4685) ; mais on possède néan^ ^ moins des preuves qui font incliner à croire qu'il fut loin d'y | rester étranger.
Deux grandes luttes remplissent les dernières années de hl vie de cet homme illustre entre tous; l'une contre les protestants, qui était d'ailleurs permanente; l'autre contre le quiétisme, qui avait de son côté Fénelon, dont l'appui, pour n'êtr pas absolument déclaré, n'en était pas moins réel. L'Histoirt des variations des Églises protestantes se rapporte à la pre\ viière de ces luttes. Datis sa controverse contre le quiétisme, oi. eut le triste spectacle des deux plus grands homme&.de l'Églisf' épuisant leur génie en d'aigres discussions sur des 7nalièreU subtiles, comme la doctrine du pur amour. Malgré les fond