‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 202 sur 339 · Récite, cite · texte numérisé non relu

Récite, cite

5. Jos., de Bello Jicd,, VII, xn ; Hegesip., de Excid. Jer., V,

244 PARTIE II, CHAPITRE XXHl

tiOD, reconnurent le temps du Messie que Jacob avait marqué daus leur décadence. Ainsi les réflexions qu'ils firent sur leui- état furent justes ; et, sans se tromper sur les temps du Christ, ils connurent qu'il devait venir dans le temps qu'il vint en effet. Mais, ô faiblesse de l'esprit humain, et vanité, source inévitable d'aveuglement ! l'humilité du Sauveur cacha à ces orgueilleui les véritables grandeurs qu'ils devaient chercher dans leur Messie. Ils voulaient que ce fût un roi semblable aui rois de la terre. C'est pourquoi les flatteurs du premier Hérode, éblouis de la grandeur et de la magnificence de ce prince, qui, tout tyran quil était, ne laissa pas d'enrichir la Judée, dirent qu'il était lui-même ce roi tant promise C'est aussi ce qui donna lieu à la secte des Hérodiens, dont il est tant parlé dans l'Évangile^, et que les païens ont connue, puisque Perse et son scoliaste nous apprennent^ qu'encore du temps de Néron la naissance du roi Hérode était célébrée par ses sectateurs avec lamême solennité que le sabbat. Josèphe tomba dans une semblable erreur. Cet homme € instruit », comme il dit lui-même*, « dans les prophéties judaïques, comme étant prêtre et sorti de la race sacerdotale », reconnut à la vérité que la venue de ce roi promis par Jacob convenait aux temps d'Hérode, où il nous montre lui-même avec tant dsoin un commencemeni manifeste de la ruine des Juil- : mais, comme il ne vit rien dans sa nation qui remplît >. ambitieuses idées qu'elle avait conçues de son Christ, i: poussa un peu plus avant le temps de la prophétie;^ et, l'appliquant à Vespasien, il assura que « cet oracle de l'Écriture signifiait ce prince déclaré empereur dans la Judée^ ». C'est ainsi qu'il détournait l'Ecriture sainte pour autoriser sa flatterie : aveugle, qui transportait aux étrangers l'espérance de Jacob et de Juda; qui cherchait en Vespasien le lus d'Abraham et de David, et attribuait à un prince idolâtre le tiLre de celui dont les lumières devaiept retirer les gentils de l'idolâtrie.

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