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houement naturel est qu'il viendra aux triomphes par le» combats et à la gloire par les souffrances. Chose incroyable I les Juifs ont mieux aimé mettre ' deux Messies. Nous voyons dans leur Talmud, et dans d'autres livres d'une pareille antiquité 2, qu'ils attendent un Messie souffrant et un Messie plein de gloire; l'un mort et ressuscite, l'autre toujours heureux et toujours vainqueur; l'un à qui conviennent tous les passages où il est parlé de faiblesse, l'autre àqui conviennent tous ceux où il est parlé de grandeur; l'un enfin fils de Joseph, car on n'a pu lui dénier un des caractères de Jésus- Christ qui a été réputé fils de Joseph et l'autre fils de David; sans jamais vouloir entendre que ce Messie fils de David devait, selon David, « boire du torrent t avant que c de lever la tête ^ », c'est-à-dire, être affligé avant que d'être « triomphant j>, comme le dit lui-même le fils de David. € 0 insensés et pesants de cœur qui ne pouvez croire ce qu'ont dit les prophètes, ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses, et qu'il entrât dans sa gloire par ce moyen * » ?
Au reste, si nous entendons du Messie ce grand passage où Isaïenous représente si vivement t l'homme de douleurs frappé pour nos péchés t, et défiguré « comme un lépreux ^», nous sommes encore soutenus dans cette explication aussi bien que dans toutes les autres par l'ancienne tradition des Juifs ; et, malgré leurs préventions, le chapitre tant de fois cité de leur Talmud ' nous enseigne que ce « lépreux chargé des péchés du peuple sera le Messie ». Les douleurs du Messie qui lui seront causées par nos péchés sont célèbres dans le même endroit et dans les autres livres des Juifs. Il y est souvent parlé de l'entrée aussi humble que glorieuse qu'il devait faire dans Jérusalem monté sur un àne, et cette célèbre prophétie de Zacharie lui est appliquée. De quoi les Juifs ont-ils à se plaindre? Tout leur était marqué en termes précis dans leurs prophètes : leur ancienne tradition avait conservé l'explication naturelle de ces célèbres prophéties, et il n'y a rien de plus juste que ce reproche que