‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 210 sur 339 · C. Gem., Tr. Sauhecl., lib., XI · texte numérisé non relu

C. Gem., Tr. Sauhecl., lib., XI

SUITE DE LA RELIGION 2b3

leur fait le Sauveur du monde* : « Hypocrites, vous savez juger par les vents et par ce qui vous paraît dans le ciel si le temps sera serein ou pluvieux ; et vous ne savez pas connaître à tant de signes qui vous sont donnés le temps où vous êtes »!

Concluons donc que les Juifs ont eu véritablement raison de dire que « tous les termes de la venue du Messie sont passés ». Juda n'est plus un royaume ni un peuple : d'autres peuples ont reconnu le Messie qui devait être envoyé. Jésus-Christ a été montré aux. gentils : à ce signe, ils sont accourus au Dieu d'Abraham, et la bénédition de ce patriarche s'est répandue par toute la terre. L'homme de douleurs a été prêché, et la rémission des péchés a été annoncée par sa mort. Toutes les semaines se sont écoulées ; la désolation du peuple et du sanctuaire, juste punition de la mort du Christ, a eu son dernier accomplissement ; enfin le Christ a paru avec tous les caractères que la tradition des Juifs y reconnaissait*, et leur incrédulité n'a plus d'excuse.

Aussi voyons-nous depuis ce temps des marques indubitables de leur réprobation. Après Jésus-Christ ils n'ont fait que s'enfoncer de plus en plus dans l'ignorance et dans la misère, d'où la seule extrémité de leurs maux, et la honte d'avoir été si souvent en proie à l'erreur, les fera sortir, ou plutôt la bonté de Dieu, quand le temps arrêté par sa providence pour punir leur ingratitude et dompter leur orgueil sera accompli.

Cependant ils demeurent la risée des peuples et l'objetde leur aversion, sans qu'une si longue captivité les fasse revenir à eux, encore qu'elle dût suffire pour les convaincre. Car enfin, comme leur dit saint Jérôme ^ : « Qu'attends-tu, ô Juif incrédule ? tu as commis plusieurs crimes durant le temps des Juges ; ton idolâtrie t'a rendu l'esclave de toutes les nations voisines, mais Dieu a eu bientôt pitié de toi, et n'a pas tardé à t'envoyer des sauveurs. Tu as multiplié tes idolâtries sous tes rois ; mais les abominations où tu es tombé sous Achat et sous Manassès n'ont été punies que par soixante-dix ans de captivité. Cyrus est venu, et il t'a rendu ta patrie, ton temple et tes sacrifices. A la fin tu as

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