Rom., XI
faire, douze pécheurs envoyés par Jésus-Christ et témoins de sa résurrection l'ont accompli. C'est que la conversion du monde ne devait être l'ouvrage ni des philosophes, ni même des prophètes : il était réservé au Christ, et c'était le fruit de sa croix.
Il fallait à la vérité que ce Christ et ses apôtres sortissent des Juifs, et que la prédication de l'Évangile commençât à Jérusalem, « Une montagne élevée devait paraître dans les derniers temps », selon Isaïe * : c'était l'Église chrétienne. « Tous les gentils y devaient venir, et plusieurs peuples devaient s'y assembler. En ce jour le Seigneur devait seul être élevé, et les idoles devaient être tout à fait brisées ^ ». Mais Isaïe, qui a vu ces choses, a vu aussi en même temps que « la loi qui devait juger les gentils sortirait de Sion, et que là parole du Seigneur qui devait corriger les peuples sortirait de Jérusalem ^ » ; ce qui a fait dire au Sauveur « que le salut devait venir des Juifs* 9. Et il était convenable que la nouvelle lumière dont les peuples plongés dans l'idolâtrie devaient un jour être éclairés se répandît par tout l'univers du lieu où elle avait toujours été. C'était en Jésus-Christ, fils de David et d'Abraham, que toutes les nations devaient être bénies et sanctifiées. Nous l'avons souvent remarqué. Mais nous n'avons pas encore observé la cause pour laquelle ce Jésus souffrant, ce Jésus crucifié et anéanti, devait être le seul auteur de la conversion des gentils et le seul vainqueur de l'idolâtrie.
Saint Paul nous a expliqué ce grand mystère au premier chapitre de la première épître aux Corinthiens, et il est bon de considérer ce bel endroit dans toute sa suite. « Le Seigneur, dit-il^, m'a envoyé prêcher l'Évangile, non parla sagesse et par le raisonnement humain, de peur de rendre inutile la croix de Jésus-Christ : car la prédication du mystère de la croix est folie à ceux qui périssent, et ne paraît un effet de la puissance de Dieu qu'à ceux qui se sauvent, c'est-à-dire à nous. En effet, il est écrit ^: Je détruirai la