‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 214 sur 339 · s., XXIX, 14 ; xxxm · texte numérisé non relu

s., XXIX, 14 ; xxxm

sagesse des sages, et je rejetterai la science des savants. Où sont maintenant les sages, où sont les docteurs ? que sont devenus ceux qui recherchaient les sciences de ce siècle? Dieu n'a-l-il pas convaincu de folie la sagesse de ce monde » ? Sans doute, puisqu'elle n'a pu tirer les hommes de leur ignorance. Mais voici la raison que saint Paul en donne. C'est que « Dieu voyant que le monde, avec la sagesse humaine, ne l'avait pomt reconnu par les ouvrages de sa sagesse », c'est-à-dire par les créatures qu'il avait si bien ordonnées, il a pris une autre voie, et « a résolu de sauver ses fidèles par la folie de la prédication' », c'est-à-dire par le mystère de la croix, où la sagesse humaine ne peut rien comprendre.

Nouveau et admirable dessein de la divine providence 1 Dieu avait introduit l'homme dans le monde, où, de quelque côté qu'il tournât les yeux, la sagesse du Créateui- reluisait dans la grandeur, dans la richesse et dans~ la disposition d'un si bel ouvrage. L'homme cependant l'a méconnu; les créatures qui se présentaient pour élever notre esprit plus haut l'ont arrêté ; l'homme aveugle et abruti les a servies ; et, non content d'adorer l'œuvre des mains de Dieu, il a adoré l'œuvre de ses propres mains. Des fables plus ridicules que celles que l'on conte aux enfants ont fait sa religion ; il a oublié la raison ; Dieu la lui veut faire oublier d'une autre sorte. Un ouvrage dont il entendait la sagesse ne l'a point touché ; un autre ouvrage lui est présenté, où son raisonnement se perd et où tout lui paraît folie : c'est la croix de Jésus-Christ. Ce n'est point en raisonnant qu'on entend ce mystère ; c'est « en captivant son intelligence sous l'obéissance de la foi » ; c'est « en détruisant les raisonnements humains et toute hauteur qui s'élève contre la science de Dieu- ».

En effet, que comprenons-nous dans ce mystère où le Seigneur de gloire est chargé d'opprobres, où la sagesse divine est traitée de folie ; où celui qui, assuré en lui-m<'me de sa naturelle grandeur, « n'a pas cru s'attribuer trop quand il s'est dit égal à Dieu, s'est anéanti lui-même jusqu'à prendre la forme d'esclave, et à subir la mort de la croix ^ »?

i. I Cor., 1,21.

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