‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 218 sur 339 · PMI., u · texte numérisé non relu

PMI., u

Homme; et, afin qu'elles y parussent dans les dernières épreuves, elles y ont paru au milieu des plus horribles tourments. Ne cherchons plus d'autre Dieu visible après celui-ci : il est seul digne d'abattre toutes les idoles, et la victoire qu'il devait remporter sur elles est attachée à sa croix.

C'est-à-dire qu'elle est attachée à une folie apparente. « Caries Juifs », poursuit saint Paul*, « demandent des miracles », par lesquels Dieu en remuant avec éclat toute la nature, comme il fit à la sortie d'Egypte, il les mette visiblement au-dessus de leurs ennemis; « et les Grecs ou les gentils cherchent la sagesse > et des discours airangés, comme ceux de leur Platon et de leur Socrate. « Et nous, continue l'apôtre, nous prêchons Jésus-Christ crucifié, scandale aux Juifs », et non pas miracle; « folie aux gentils », et non pas sagesse; « mais qui est aux Juifs et aux gentils appelés à la connaissance de la vérité, la puissance et la sagesse de Dieu, parce qu'en Dieu ce qui est fou est plus sage que toute la sagesse humaine, et ce qui est faible est plus fort que toute la force humaine ». Voilà le dernier coup qu'il fallait donner à notre superbe ignorance. La sagesse où l'on nous mène est si sublime qu'elle paraît folie à notre sagesse; et les règles en sont si hautes que tout nous y paraît un égarement.

Mais, si cette divine sagesse nous est impénétrable en ellemême, elle se déclare par ses effets. Une vertu sort de la croix, et toutes les idoles sont ébranlées. Nous les voyons tomber par terre, quoique soutenues par toute la puissance romaine. Ce ne sont point les sages, ce ne sont point les nobles, ce ne sont point les puissants qui ont fait un si grand miracle. L'œuvre de Dieu a été suivie, et ce qu'il avait commencé par les humiliations de Jésus-Christ, il l'a consommé par les humiliations de ses disciples. « Considérez, mes frères », c'est ainsi que saint Paul achève son admirable discours*, « considérez ceux que Dieu a appelés parmi vous », et dont il a composé cette Église victorieuse du monde. « II y a peu de ces sages » que le monde admire, « il y a peu de puissants et peu de nobles ; mais Dieu a choisi ce qui est

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