Tertul., Apolog
2. Cic. Oi'at. pro Flacco ; Orat. Synxm. ad imp. Val., Tkéod. et Arc. apud Ambr., t. V. 1. V. ep. xxx ; Zozim., HUt., lih. II, IV, etc.
ceux dont la chasteté faisait les délices. On accusait de manger leurs propres enfants ceux qui étaient bienfaisants envers les persécuteurs. Mais, malgré la haine publique, la force de la vérité tirait de la bouche de leurs ennemis des témoignages favorables. Chacun sait ce qu'écrivit Pline le Jeune ^ à Trajan sur les bonnes mœurs des chrétiens. Us furent justifiés, mais ils ne furent pas exemptés du dernier supplice : car il leur fallait encore ce dernier trait pour achever en eux l'image de Jésus-Christ crucifié, et ils devaient comme lui aller à la croix avec une déclaration publique de leur innocence.
L'idolâtrie ne mettait pas toute sa force dans la violence. Encore que son fond fût une ignorance brutale et une entière dépravation du sens humain, elle voulait se parer de quelques raisons. Combien de fois a-t-elle tâché de se déguiser, et en combien de manières s'est-elle transformée pour couvrir sa honte ! Elle faisait quelquefois la respectueuse envers la Divinité. « Tout ce qui est divin, disaitelle, est inconnu : il n'y a que la Divinité qui se connaisse elle-même ; ce n'est pas à nous à discourir de choses si hautes : c'est pourquoi il en faut croire les anciens, et chacun doit suivre la religion qu'il trouve établie dans son pays ». Par ces maximes, les erreurs grossières autant qu'impies qui remplissaient toute la terre étaient sans remède, et la voix de la nature qui annonçait le vrai Dieu était étouffée.
On avait sujet de penser que la faiblesse de notre raison égarée a besoin d'une autorité qui la ramène au principe, et que c'est de l'antiquité qu'il faut apprendre la religion véritable. Aussi en avez-vous vu la suite immuable dès l'origine du monde. Mais de quelle antiquité se pouvait vanter le paganisme, qui ne pouvait lire ses propres histoires sans y trouver l'origine non seulement de sa religion, mais encore de ses dieux ? Varron et Gicéron-, sans compter les autres auteurs, l'ont bien fait voir. Ou bien aurions-nous recours à ces milliers infinis d'années que les Égyptiens remplissaient de fables confuses et impertinentes pour établir l'antiquité dont ils se vantaient ? Mais toujours y voyait-on naître et mourir les divinités de l'Egypte ; et ce peuple ne pouvait se