Plin., lifa. X, ep. xcvn
î. De nat. deor., lib. 1 et IH.
faire ancien sans marquer le commencement de ses dieux.
Voici une autre forme de l'idolâtrie. Elle voulait qu'on servît tout ce qui passait pour divin. La politique romaine, qui défendait si sévèrement les religions étrangères, permettait qu'on adorât les dieux des Barbares pourvu qu'elle les eût adoptés. Ainsi elle voulait paraître équitable envers tous les dieux, aussi bien qu'envers tous les hommes. Elle encensait quelquefois le Dieu des Juifs avec tous les autres. Nous trouvons une lettre de Julien l'Apostat % par laquelle il promet aux Juifs de rétablir la sainte cité et de sacrifier avec eux au Dieu créateur de l'univers. Nous avons vu que les païens voulaient bien adorer le vrai Dieu, mais non pas le vrai Dieu tout seul ; et il ne tint pas aux empereurs que Jésus-Christ même, dont ils persécutaientlés disciples, n'eût des autels parmi les Romains.
Quoi donc ! les Romains ont-ils pu penser à honorer comme Dieu celui que leurs magistrats avaient condamné au dernier supplice, et que plusieurs de leurs auteurs ont chargé d'opprobres ? Il ne faut pas s'en étonner, et la chose est incontestable.
Distinguons premièrement ce que fait dire en général une haine aveugle, d'avec les faits positifs dont on croit avoir la preuve. 11 est certain que les Romains, quoiqu'ils aient condamné Jésus-Christ, ne lui ont jamais reproché aucun crime particulier. Aussi Pilate le condamna-t-il avec répugnance, violenté par les cris et par les menaces des Juifs. Mais, ce qui est bien plus merveilleux, lesJuifs eux-mêmes, à la poursuite desquels il a été crucifié, n'ont conservé dans leurs anciens livres la mémoire d'aucune action qui notât sa vie^, loin d'en avoir remarqué aucune qui lui ait fait mériter le dernier supplice . par où se confirme manifestement ce que nous lisons dans l'Évangile, que tout le crime de Notre-Seigneur a été de s'être dit le Christ Fils de Dieu.
En effet. Tacite nous rapporte bien le supplice de Jésus- Christ sous Ponce-Pilate et durant l'empire de Tibère ' ; mais il ne rapporte aucun crime qui lui ait fait mériter la mort, que celui d'être l'auteur d'une secte convaincue de