‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 228 sur 339 · Dès-là, par cela même · texte numérisé non relu

Dès-là, par cela même

à-dire la magie, et qu'il voulut s'attribuer la divinité parles merveilles qu'il fit en vei tu de cet art damnable*. C'est pour la même raison que les chrétiens passaient pour magiciens*; et nous avons un passage de Julien l'Apostat^ qui môprise les miracles de Notre-Seignenr, mais qui ne les révoque pas en doute. Volusien, dans son épître à saint Augustin*, en fait de même ; et ce discours était commun parmi les païens.

Il ne faut donc plus s'étonner si, accoutumés à faire des dieux de tous les hommes où il éclatait quelque chose d'extraordinaire, ils voulurent ranger Jésus-Christ parmi leurs divinités. Tibère, sur les relations qui lui venaient de Judée, proposa au sénat d'accorder à Jésus-Christ les honneurs divins^. Ce n'est point un fait qu'on avance en l'air, et Tertullien le rapporte comme public et notoire dans son Apologétique qu'il présente au sénat au nom de l'Église, qui n'eût pas voulu affaiblir une aussi bonne cause que la sienne par des choses où on aurait pu si aisément la confondre. Que si on veut le témoignage d'un auteur païen, Lampridius nous dira que «Adrien avait élevé à Jésus-Christ des temples qu'on voyait encore du temps qu'il écrivait*'», et qu'Alexandre Sévère, après l'avoir révéré en particulier, lui voulait publiquement dresser des autels, et le mettre au nombre des dieux''.

Il y a certainement beaucoup d'injustice à ne vouloir croire touchant Jésus-Christ que ce qu'en écrivent ceux qui ne se sont pas rangés parmi ses disciples: car c'est chercher la foi dans les incrédules, ou le soin et l'exactitude dans ceux qui, occupés de toute autre chose, tenaient la religion pour indifférente. Mais il est vrai néanmoins que la gloire de Jésus-Christ a eu un si grand éclat que le monde ne s'est pu défendre de lui rendre quelque témoignage; et je ne puis vous en rapporter de plus authentique que celui de tant d'empereurs.

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