‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 230 sur 339 · Par elle-même, par ses propres aveux · texte numérisé non relu

Par elle-même, par ses propres aveux

5. Macrob., Saturn., I, xvii et seq.; Apul., de Deo Socr,\ Aug., de Civ., iV,x,xi.

sous les noms des dieux et dans leurs amours. Faible et misérable refuge : car, outre que les fables étaient scandaleuses et toutes les allégories froides et forcées, que trouvaiton à la fin, sinon que ce Dieu unique était l'univers avec toutes ses parties, de sorte que le fonds de la religion était la nature, et toujours la créature adorée à la place du Créateur?

Ces faibles excuses de l'idolâtrie, quoique tirées de la philosophie des stoïciens, ne contentaient guère les philosophes. Celse et Porphyre cherchèrent de nouveaux secours dans la doctrine de Platon et de Pythagore ; et voici comment ils conciliaient l'unité de Dieu avec la multiplicité des Dieux vulgaires.

Il n'y avait, disaient-ils, qu'un Dieu souverain ; mais il était si grand qu'il ne se mêlait pas des petites choses. Content d'avoir fait le ciel et les astres, il n'avait daigné mettre la main à ce bas monde, qu'il avait laissé former à ses subalternes; et l'homme, quoique né pour le connaître, parce qu'il était morteP, n'était pas une œuvre digne de ses mains ^. Aussi était-il inaccessible à notre nature ; il était logé trop haut pour nous ; les esprits célestes qui nous avaient faits nous servaient de médiateurs auprès de lui, et c'est pourquoi il les fallait adorer.

Il ne s'agit pas de réfuter ces rêveries des platoniciens, qui aussi bien tombent d'elles-mêmes. Le mystère de Jésus- Christ les détruisait par le fondement^. Ce mystère apprenait aux hommes que Dieu, qui les avait faits à son image, n'avait garde de les mépriser; que, s'ils avaient besoin de médiateur, ce n'était pas à cause de leur nature, que Dieu avait faite comme il avait fait toutes les autres, mais à cause de leur péché dont ils étaient les seuls auteurs; au reste, que leur nature les éloignait si peu de Dieu que Dieu ne dédaignait pas de s'unir à eux en se faisant homme, et leur donnait pour médiateur, non point ces esprits célestes que les philosophes appelaient démons, et que l'Écriture appelait anges, mais un homme qui, joignant la force d'un Dieu

1. Parce qu'il était mortel se rapporte, non pas à ce qui précède, mais à ce qui suit.

2. Orig., cont. CeU., lib. V, VI, etc.; Plat, Conv. Tim., etc.; Porpliyr., lib. II, de Abstin.; Apul., de Deo Socr,; Aug., de Civil., VIII, XIV et seq.; xviiT, xxi, xxn ; IX, m. vi, etc.

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