‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 233 sur 339 · Orig., lib. V, cont. Cels · texte numérisé non relu

Orig., lib. V, cont. Cels

4. Catholique et universelle. Catholique se rapporte aux temps, universelle aux lieux.

l'unité, l'autorité primitive lui appartenait *. Tous ceux qui la quittaient l'avaient premièrement reconnue, et ne pouvaient effacer le caractère de leur nouveauté, ni celui de leur rébellion. Les païens eux-mêmes la regardaient comme celle qui était la tige, le tout d'où les parcelles s'élaient détachées, le tronc toujours vif que les branches retranchées laissaient en son entier. Celse, qui reprochait aux chrétiens leurs divisions parmi tant d'Eglises schismatiques qu'il voyait s'élever, remarquait une Eglise distinguée de toutes les autres, et toujours plus forte, qu'il appelait aussi pour cette raison « la grande Eglise ». « Il y en a, disait-il*, parmi les chrétiens, qui ne reconnaissent pas le Créateur, ni les traditions des Juifs » ; il voulait parler des marcionites ; e mais, poursuivait-il, la grande Eglise les reçoit ». Dans le trouble qu'excita Paul de Saraosate, l'empereur Aurélien n'eut pas de peine à connaître la vraie Église chrétienne à laquelle appartenait c la maison de l'Église », soit que ce fût le lieu d'oraison ou la maison de l'évêque. Il l'adjugea à ceux « qui étaient en communion avec les évêques d'Italie et celui de Rome' », parce qu'il voyait de tout temps le gros des chrétiens dans cette communion. Lorsque l'empereur Constance brouillait tout dans l'Église, la confusion qu'il y mettait en protégeant les ariens ne put empêcher qu'Ammian Marcellin*, tout païen qu'il était, ne reconnût que cet empereur s'égarait de la droite voie « de la religion chrétienne simple et précise par elle-même » dans ses dogmes et dans sa conduite. C'est que l'Eglise véritable avait une majesté et une droiture^ que leshérésies ne pouvaient ni imiter ni obscurcir; au contraire, sans y penser, elles rendaient témoignage à l'Église catholique. Constance, qui persécutait saint Athanase, défenseur de l'ancienne foi, « souhaitait avec ardeur, dit Ammian Marcellin^, de le faire condamner par l'autorité qu'avait l'évêque de Rome au-des-

l.Iren., IH, 1,2, 3, 4;Tertull.,de Came Christ., en-, dePrsscrtpt., 0, 21, 32, 36.

Page 1