‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 234 sur 339 · Amm. Marcell., lib. XY · texte numérisé non relu

Amm. Marcell., lib. XY

sus des autres ». En recherchant de * s'appuyer de cette autorité, il faisait sentir aux païens mêmes ce qui manquait à sa secte, et honorait l'Eglise dont les ariens s'étaient séparés ; ainsi les gentils mêmes connaissaient l'Église catholique. Si quelqu'un leur demandait où elle tenait ses assemblées, et quels étaient ses évêques, jamais ils ne s'y trompaient. Pour les hérésies, quoi qu'elles fissent, elles ne pouvaient se défaire du nom de leurs auteurs. Les sabelliens, les paulianistes, les ariens, les pélagiens et les autres s'offensaient en vain du titre de parti qu'on leur donnait. Le monde, malgré qu'ils en eussent^, voulait parler naturellement, et désignait chaque secte par celui dont elle tirait sa naissance. Pour c-e qui est de la grande Église, de l'Higlise catholique et apostolique, il n'a jamais été possible de lui nommer un autre auteur que Jésus-Christ même, ni de lui marquer les premiers de ses pasteurs sans remonter jusqu'aux apôtres, ni de lui donner un autre i^om que celui qu'elle prenait. Ainsi, quoi que fissent les hérétiques, ils ne la pouvaient cacher aux païens. Elle leur ouvrait son sein par .toute la terre; ils y accouraient en foule. Quelques-uns d'eux se perdaient peut-être dans les sentiers détournés ; mais l'Église catholique était la grande voie où entraient toujours la plupart de ceux qui cherchaient Jésus-Christ; et l'expérience a fait voir que c'était à elle qu'il était donné de rassembler les gentils. C'était elle aussi que les empereurs infidèles attaquaient de toute leur force. Origène nous apprend que peu d'hérétiques ont eu à souffrir pour la foi^. Saint Justin, plus ancien que lui, a remarqué que la persécution épargnait les marcionistes et les autres hérétiques*. Les païens ne persécutaient que l'Église, qu'ils voyaient s'étendre par toute la terre, et ne connaissaient qu'elle seule pour l'Église de Jésus-Christ. Qu'importe qu'on lui arrachât quelques branches? sa bonne sève ne se perdait pas pour cela: elle poussait par d'autres endroits, et le retranchement du bois superflu ne faisait que rendre ses fruits meilleurs. En effet, si on considère l'histoire de l'Église, on

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