Diod., lib. I, sect. n
libéralité et par la justice, et réglant au reste le gouvernement avec une extrême prudence *. Cependant, il faisait ses préparatifs; il levait des troupes, et leur donnait pour capitaines les jeunes gens que son père avait fait nourrir - avec lui. Il y en avait dix-sept cents capables de répandre dans toute l'armée le courage, la discipline et l'amour du prince. Cela fait, il entra dans l'Ethiopie, qu'il se rendit tributaire. Il continua ses victoires dans l'Asie. Jérusalem fut la première à sentir la force de ses armes. Le téméraire Roboam^ ne put lui résister, et Sésostris enleva les richesses de Salomon. Dieu, par un juste jugement, les avait livrées entre ses mains. 11 pénétra dans les Indes plus loin qu'Hercule ni que* Bacchus, et plus loin que ne fit depuis Alexandre, puisqu'il soumit le pays au delà du Gange ^. Jugez parla si les pays plus voisins lui résistèrent. Les Scythes obéirent jusqu'au Tanaïs ; l'Arménie et la Cappedoce lui furent sujettes ''. Il laissa une colonie dans l'ancien royaume de Colchos, où les mœurs d'Egypte sont toujours demeurées depuis. Hérodote a vu dans l'Asie-Mineure, d'une mer à l'autre, les monuments de ses victoires avec les superbes inscriptions de Sésostris, roi des rois et seigneur des seigneurs. Il y en avait jusque dans la Thrace, et il étendit son empire depuis le Gange jusqu'au Danube. La difficulté des vivres l'empêcha d'entrer plus avant dans l'Europe. Il revint après neuf ans chargé des dépouilles de tous les peuples vaincus. Il y en eut qui défendirent courageusement leur liberté; d'autres cédèrent sans résistance. Sésostris eut soin de marquer dans ses monuments la différence de ces peuples en figures hiéroglyphiques' à la manière des Égyptiens. Pour décrire son empire, il inventa les cartes de géographie. Cent temples fameux, érigés en actions de grâces aux dieux tutélaires de toutes les villes,
1 Diod., lib. I, sect. ii.