‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 288 sur 339 · Plat., de Leg., III · texte numérisé non relu

Plat., de Leg., III

4. Parmi les soins... n'en prit pas assez. Tour très irrégulier. En rappelle le mot soins. Et encore soin, rappelé par en, devrait être au singulier. Ces incorrections sont rares dans Bossuet.

par le sort ordinaire des choses humaines, trop de grandeur nuisit à la vertu. Darius, fils d'Hystaspe, qui d'une vie privée fut élevé sur le trône, apporta de meilleures dispositions à la souveraine puissance, et fit quelques etforts pour réparer les désordres. Mais la corruption était déjà trop universelle : l'abondance avait introduit trop de dérèglement dans les mœurs; et Darius n'avait pas lui-même conservé assez de force pour être capable de redresser tout à fait les autres. To'ut dégénéra sous ses successeurs, et le luxe des Perses n'eut plus de mesure.

Mais, encore que ces peuples devenus puissants eussent beaucoup perdu de leur ancienne vertu en s'aband( nnmt aux plaisirs, ils avaient toujours conservé quelque chuse de grand et de noble. Que peut-on voir de plus noble que l'horreur qu'ils avaient pour le mensonge*, qui passa toujours parmi eux pour un vice honteux et bas? Ce qu'ils trouvaient le plus lâche après le mensonge était de vivre d'emprunt. Une telle vie leur paraissait fainéante-, honteuse, servile, et d'autant plus méprisable qu'elle portait à mentir. Par une générosité naturelle à leur nation, ils traitaient honnêtement^ les rois vaincus. Pour peu que les enfants de ces princes fussent capables de s'accommoder avec les vainqueurs, ils les laissaient commander dans leur pays avec presque toutes les marques de leur ancienne grandeur*. Les Perses étaient honnêtes, civils, libéraux envers les étrangers, et ils savaient s'en servir*. Les gens de mérite étaient connus parmi eux, et ils n'épargnaient rien pour les gagner. Il est vrai qu'ils ne sont pas arrivés à la connaissance parfaite de cette sagesse qui apprend à bien gouverner. Leur grand empire fut toujours régi avec quelque confusion. Ils ne surent jamais trouver ce bel art, depuis si bien pratiqué par les Romains, d'unir toutes les parties d'un grand État, et d'en faire un tout parfait. Aussi n'étaient-ils presque jamais sans révoltes considérables. Ils n'étaient pourtant pas

i. Plat., Alcib., I; Herod., lib. I.

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