Xenoph., Œoonom
vaux rustiques : c'était deux charges semblables, dont l'une prenait soin de garder le pays, et l'autre de le cultiver. Le prince les protégeait avec une affection presque égale, et les faisait concourir au bien public. Après Ceux qui avaient remporté quelque avantage à la guerre, les plus honorés étaient ceux qui avaient élevé beaucoup d'enfants*. Le respect qu'on inspirait aux Perses dès leur enfance pour l'autorité royale allait jusqu'à l'excès, puisqu'ils y mêlaient de l'adoration, et paraissaient plutôt des esclaves que des sujets soumis par raison à un empire légitime : c'était l'esprit des Orientaux, et peut-être que le naturel vif et violent de ces peuples demandait un gouvernement plus ferme et plus absolu.
La manière dont on élevait les enfants des rois est admirée par Platon^, et proposée aux Grecs comme le modèle d'une éducation parfaite. Dès l'âge de sept ans on les tirait des mains des eunuques pour les faire monter à cheval et les exercer à la chasse. A l'âge de quatorze ans, lorsque l'esprit commence à se former, on leur donnait pour leur instruction quatre hommes des plus vertueux et des plus sages de l'État. Le premier, dit Platon, leur apprenait la magie^, c'est-à-dire, dans leur langage, le culte des dieux selon les anciennes maximes et selon les lois de Zoroastre, fils d'Oromase. Le second les accoutumait à dire la vérité et à rendre la justice. Le troisième leur enseignait à ne se laisser pas vaincre par les voluptés, afin d'être toujoure libres et vraiment rois, maîtres d'eux-mêmes et de leurs désirs. Le quatrième fortifiait leur courage contre la crainte qui en eût fait des esclaves et leur eût ôté la confiance si nécessaire au commandement. Les jeunes seigneurs étaient élevés à la porte du roi avec ses enfants*. On prenait un soin particulier qu'ils ne vissent ni n'entendissent rien de malhonnêle On rendait compte au roi de leur conduite. Ce compte qu'on j lui en rendait était suivi par son ordre de châtiments et de "récompenses. La jeunesse, qui les voyait, apprenait de bonne heure avec la vertu la science d'obéir et de comman-