Dionys. Halic, IL
380 PARTIE m, CHAPITRE VII
qu'on appelait patriciennes. Les autres s'appelaient les plébéiens, c'est-à-dire le commun peuple.
Le sénat devait digérer* et proposer toutes les affaires; il en réglait quelques-unes souverainement avec le roi ; mais les plus générales étaient rapportées au peuple, qui en décidait.
Romulus, dans une assemblée où il survint tout à coup un grand orage, fut rais en pièces par les sénateurs, qui le trouvaient trop impérieux; et l'esprit d'indépendance commença dès lors à paraître dans cet ordre.
Pour apaiser le peuple, qui aimait son prince, et donner une grande idée du fondateur de la ville, les sénateurs publièrent que les dieux l'avaient enlevé au ciel, et lui firent dresser des autels.
Numa Pompilius, second roi, dans une longue et profonde paix, acheva de former les mœurs et de régler la religion sur les mêmes fondements que Romulus avait posés.
Tullius Hoslilius établit par de sévères règlements la discipline militaire et les ordres de la guerre, que son successeur Ancus Martius accompagna de cérémonies sacrées, afin de rendre la milice sainte et religieuse.
Après lui, Tarquin l'Ancien, pour se faire des créatures, augmenta le nombre des sénateurs jusqu'au nombre de trois cents, où ils demeurèrent fixés durant plusieurs siècles, et commença les grands ouvrages qui devaient servir à la commodité publique.
Servius Tullius projeta l'établissement d'une république sous le commandement de deux magistrats annuels qui seraient choisis par le peuple.
En haine de Tarquin le Superbe, la royauté fut abolie avec des exécrations^ horribles contre tous ceux qui entreprendraient de la rétablir; et Brutus fit jurer au peuple qu'il se maintiendrait éternellement dans sa liberté.
Les mémoires de Servius Tullius^ furent suivis dans ce changement. Les consuls élus par le peuple entre les patriciens étaient égalés aux rois, à la réserve qu'ils étaient deux