Les notes laissées par Servius Tullius
qui avaient entre eui un tour réglé pour commander, et qu'ils changeaient tous les ans.
Gollatin, nommé consul avec Brutus comme ayant été avec lui l'auteur de la liberté, quoique mari de Lucrèce, dont la mort avait donné lieu au changement, et intéressé plus que tous les autres à la vengeance de l'outrage qu'elle avait reçu, devint suspect parce qu'il était de la famille royale et fut chassé.
Valère, substitué à sa place, au retour d'une expédition oii il avait délivré sa patrie des Véientes et des Étruriens, fut soupçonné par le peuple d'affecter ^ la tyrannie à cause d'une maison qu'il faisait bâtir sur une éminence. Non seulement il cessa de bâtir; mais devenu tout populaire % quoique patricien, il établit la loi qui permet d'appeler au peuple, et lui attribue en certains cas le jugement en dernier ressort.
Par cette nouvelle loi, la puissance consulaire fut affaiblie dans son origine, et le peuple étendit ses droits,
A l'occasion des contraintes ^ qui s'exécutaient pour dettes par les riches contre les pauvres, le peuple, soulevé contre la puissance des consuls et du sénat, fit cette retraite fameuse au mont Aventin.
Il ne se parlait que de liberté dans ces assemblées ; et le peuple romain ne se crut pas libre s'il n'avait des voies légitimes * pour résister au sénat ^. On fut contraint de lui accorder des magistrats particuliers appelés tribuns du peuple, qui pussent l'assembler et le secourir contre l'autorité des consuls, par opposition ou par appel.
Ces magistrats, pour s'autoriser^, nourrissaient la division entre les deux ordres, et ne cessaient de flatter le peuple, en proposant que les terres des pays vaincus, ou le prix qui proviendrait de leur vente, fût partagé entre les citoyens.
Le sénat s'opposait toujours constamment à ces lois