Les plus populaires, les plus favorables au peuple
à peu les honneurs deviennent communs entre les deux ordres, quoique les patriciens soient toujours plus considérés dans les élections.
Les guerres continuent, et les Romains soumettent après cinq cents ans^ les Gaulois cisalpins, leurs principaux ennemis, et toute l'Italie ^.
Là commencent les guerres puniques; et les choses en viennent si avant que chacun de ces deux peuples jaloux^ croit ne pouvoir subsister que par la ruine de l'autre.
Rome, prête à* succomber, se soutient principalement durant ses malheurs par la constance et par la sagesse du sénat.
A la fin la patience romaine l'emporte : Annibal est vaincu, et Carthage subjuguée par Scipion l'Africain.
Rome victorieuse s'étend prodigieusement durant deux cents ans par mer et par terre, et réduit tout l'univers sous sa puissance.
En ces temps et depuis la ruine de Carthage, les charges, dont la dignité aussi bien que le profit s'augmentait avec l'empire, furent briguées avec fureur. Les prétendants ambitieux ne songèrent qu'à flatter le peuple, et la concorde des ordres, entretenue par l'occupation des guerres puniques, se troubla plus que jamais. Les Gracques mirent tout en confusion, et leurs séditieuses propositions furent le commencement de toutes les guerres civiles.
Alors on commença à porter des armes et à agir par la force ouverte dans les assemblées du peuple romain, où chacun auparavant voulait l'emporter par les seules voies légitimes et avec la liberté des opinions ^.
La sage conduite du sénat et les grandes guerres survenues modérèrent les brouilleries.
Marins, plébéien, grand homme de guerre, avec son éloquence militaire et ses harangues séditieuses, oii il ne cessait d'attaquer l'orgueil de la noblesse, réveilla la jalousie
1. Après cinq cents ans, cinq cents ans après la fondation de Rome.