‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 4 sur 339 · SA DIVISION EN TROIS PARTIES · texte numérisé non relu

SA DIVISION EN TROIS PARTIES

Quand l'Histoire serait inutile aux autres hommes, il faujdrait la faire lire aux princes. Il n'y a pas de meilleur

loyen de leur découvrir ce que peuvent les passions et les intérêts, les temps et les conjonctures, les bons et les mau- Irais conseils. Les histoires ne sont composées que des Ictions qui les occupent, et tout semLle y être fait pour leur usage. Si l'expérience leur est nécessaire pour acquérir cette prudence qui fait bien régner, il n'est rien de plus utile à leur instruction que de" joindre aux exemples des 'iècles passés les expériences qu'ils font tous les jours. Au

leu qu'ordinairement ils n'apprennent qu'aux dépens de leurs sujets et de leur propre gloire à juger des affaires dangereuses qui leur arrivent, par le secours de l'Histoire, ils forment leur jugement, sans rien hasarder, sur les événements passés. Lorsqu'ils voient jusqu'aux vices les plus .cachés des princes, malgré les fausses louanges qu'on leur donne pendant leur vie, exposés aux yeux de tous les

i. Nous reproduisons ici la troisième édition du Discours sur l'histoire universelle, la dernière parue du vivant de Bossuet et qui fut achevée d'imprinaei: le 21 mars 1700.

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