Oq dirait aujourd hui : près de
mort, et parvint enfin à l'empire, qu'il avait désiré avec tant d'ardeur. Garinus se réveilla malgré sa mollesse, et battit Dioclétien, mais, en poursuivant les fuyards, il fut tué (285) par un des siens dont il avait corrompu la femme. Ainsi l'empire fut défait du plus violent et du plus perdu de tous les hommes.
Dioclétien gouverna avec vigueur, maisavecune insupportable vanité. Pour résister à tant d'ennemis qui s'élevaient de tous côtés au dedans et au dehors, il nomma Maximien empereur avec lui (286), et sut néanmoins se conserver l'autorité principale. Chaque empereur fit un César. Constance Chlore et Galérius furent élevés à ce haut rang (291). Les quatre princes soutinrent à peine le fardeau de tant de guerres. Dioclétien fuit Rome, qu'il trouvait trop libre, et s'établit en Nicomédie, où il se fît adorer à la mode des Orientaux. Cependant les Perses, vaincus par Galérius (297), abandonnèrent aux Romains de grandes provinces et des royaumes entiers. Après de si grands succès, Galérius ne veut plus être sujet et dédaigne le nom de César. Il commence par intimider Maximien. Une longue maladie avait fait baisser l'esprit de Dioclétien, et Galérius, quoique son gendre, le força de quitter l'empire*. Il fallut que Maximien suivît son exemple.
Ainsi l'empire vint entre les mains de Constance Chlore et de Galérius (304); et deux nouveaux Césars, Sévère et Maximien, furent créés en leur place par les empereurs qui se déposaient. Les Gaules, l'Espagne et la Grande-Bretagne furent heureuses, mais trop peu de temps, sous Constance Chlore. Ennemi des exactions, et accusé par là de ruiner le fisc, il montra qu'il avait des trésors immenses dans la bonne volonté de ses sujets. Le reste de l'empire souffrait beaucoup sous tant d'empereurs et tant de Césars ; les officiers se multipliaient avec les princes ; les dépenses et les exactions étaient infinies.
Le jeune Constantin, fils de Constance Chlore, se rendait illustre*; mais il se trouvait entre les mains de Galérius. Tous les jours cet empereur, jaloux de sa gloire, l'exposait à de nouveaux périls. Il lui fallait combattre les bêtes
i. Enseb., Hist. eccl., lib. VIII, c. xm ; Orat. Const. ad sanct. ccet., i, 26 ; Lact., de Mort., persec, c. xvn, xvm. 2. Lact., de Mort, persec, c. xxiv.
farouches par une espèce de jeu; mais Galérius n'était pa? moins à craindre qu'elles. Constantin, échappé de ses mains, trouva son père expirant. En ce temps (306) Maxence, fils de Maximien et gendre de Galérius, se fit empereur à Rome malgré son beau-père, et les divisions intestines se joignirent aux autres maux de l'État. L'imaga de Constantin, qui venait de succéder à son père, portée à Rome selon la coutume, y fut rejetée par les ordres de Maxence. La réception des images était la forme ordinaire de reconnaître les nouveaux princes. On se prépare à la guerre de tous côtés. Le César Sévère que Galérius envoya contre Maxence, le fit trembler dans Rome (307)*. Pour se donner de l'appui dans sa frayeur, il rappela son père Maximien. Le vieillard ambitieux quitta sa retraite, oîi il n'était qu'à regret, et tâcha en vain de retirer Dioclétien, son collègue, du jardin qu'il cultivait à Salone. Au nom de Maximien, empereur pour la seconde fois, les soldats de Sévère le quittent. Le "vieil empereur le fait tuer, et en même temps, pour s'appuyer contre Galérius, il donne à Constantin sa fille Fauste. 11 fallait aussi de l'appui à Galérius après la mort de Sévère : c'est ce qui le fit résoudre à nommer Licinius empereur-; mais ce choix piqua Maximien, qui, en qualité de (^ésar, se croyait plus proche du suprême honneur. Rien ne put lui persuader de se soumettre à Licinius, et il se rendit indépendant dans l'Orient. 11 ne restait presque à Galérius que riUyrie, où il s'était retiré après avoir été chassé d'Italie.
Le reste de l'Occident obéissait à Maximien, à son fils Maxence et à son gendre Constantin. Mais il ne voulait non plus pour compagnons de l'empire ses enfants que les étrangers. Il tâcha de chasser de Rome son fils Maxence, qui le chassa lui-même. Constantin, qui le reçut dans les Gaules, ne le trouva pas moins perfide. Après divers attentats Maximien fit un dernier complot, où il crut avoir engagé sa fille Fauste contre son mari. Elle le trompait; et Maiimien, qui pensait avoir tué Constantin en tuant l'eunuque qu'on avait mis dans son lit, fut contraint de se donner la mort à lui-même (310). Une nouvelle guerre