‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 53 sur 339 · Grcfî. Tur., Hist. Franc., lib. 1, c. xxvm · texte numérisé non relu

Grcfî. Tur., Hist. Franc., lib. 1, c. xxvm

3. Rompu la communion, rompu l'uuion, la société des Adèle i. Euseb. L'ist. ceci., lib. VI!. . vi.

rien, qu'ils prirent ensuite par une infidélité ; et après lui avoir laissé achever sa vie dans un pénible esclavage, ils l'écorchèrent pour faire servir sa peau déchirée de monument à leur victoire. Gallien, son fils et son collègue, acheva de tout perdre par sa mollesse (261). Trente tyrans partagèrent l'empire. Odenat, roi dePalrayre (264), ville ancienne dont Salomon est le fondateur, fut le plus illustre de tous : il sauva les provinces d'Orient des mains des Barbares, et s'y fit reconnaître. Sa femme Zénobie marchait avec lui à la tête des armées, qu'elle commanda seule après sa mort, et se rendit célèbre par toute la terre pour avoir joint la chasteté avec la beauté, et le savoir avec la valeur. Claudius II (268) et Aurélien après lui (270) rétablirent les affaires de l'empire. Pendant qu'ils abattaient les Goths avec les Germains par des victoires signalées, Zénobie consentait à ses enfants les conquêtes de leur père. Cette princesse penchait au judaïsme. Pour l'attirer, Paul Samosate, évêque d'Antioche, homme vain et inquiet, enseigna son opinion judaïque sur la personne de Jésus-Christ, qu'il ne faisait qu'un pur homme ^ Après une longue dissimulation d'une si nouvelle doctrine, il fut convaincu et condamné au concile d'Antioche. La reine Zénobie soutint la guerre contre Aurélien (273), qui ne dédaigna pas de triompiier d'une femme si célèbre^ (274). Parmi de perpétuels combats, il sut faire garder aux gens de guerre la discipline romaine, et montra qu'en suivant les anciens ordres et l'ancienne frugalité on pouvait faire agir de grandes armées au dedans et au dehors sans être à charge à l'empire.

Les Francs commençaient alors àse faire craindre^. C'était une ligue de peuples germains qui habitaient le long du Rhin. Leur nom montre qu'ils étaient unis par l'amour de la liberté. Aurélien les avait battus étant particulier, et les tint en crainte étant empereur. Un tel prince se fit haïr par ses actions sanguinaires. Sa colère trop redoutée lui causa la mort (275). Ceux qui se crçyaient en péril le prévinrent, et

i. Euseb,, Hist. eoct:, lib. Vli, c. xxvn et sqq. ; AAàn., Ad solit.; Theod., ffœr. Fab., lib. Il* fab. vm; Niceph., lib. VI, c. xxvn.

2. Triompher d'une femme si célèbre, remporter le triomphe, après avoir vaincu une femme si célèbre.

3. Hist. Aug. Aurel., c. vn ; Flor., en; Prob., c. xi, îii j Firm., etc., c. xm.

son secrétaire menacé se mit à la tête de la conjuration. L'armée, qui le vit périr par la conspiration de tant de chefs, refusa d'élire un empereur, de peur de mettre sur le trône un des assassins d'Aurélien, et le sénat, rétabli dans son ancien droit, élut Tacite. Ce nouveau prince était vénérable par son âge et par sa vertu; mais il devint odieux parles violences d'un parent à qui il donna le commandement de l'armée, et périt arec lui dans une sédition le sixième mois de son règne (276). Ainsi son élévation ne fit que piécipiter le cours de sa vie. Son frère Florien prétendit l'empire '■ par droit de succession, comme le plus proche héritier. Ce droit ne fut pas reconnu : Florien fut tué, et Probus forcé par les soldats à recevoir l'empire, encore qu'il les menaçât de les faire vivre dans l'ordre.

Tout fléchit sous un si grand capitaine : les Germains et les Francs, qui voulaient entrer dans les Gaules, furent repoussés (277) ; et, en Orient aussi bien qu'en Occident, tous les Barbares respectèrent les armes romaines (278 — 280). Un guerrier si redoutable aspirait à la paix, et fit espérer à l'empire de n'avoir plus besoin de gens de guerre. L'armée se vengea (282) de cette parole et de la règle sévère que son empereur lui faisait garder. Un moment après, étonnée de la violence qu'elle exerça sur un si grand prince, elle honora sa mémoire, et lui donna pour successeur Carus (283), qui n'était pas moins zélé que lui pour la discipline. Ce vaillant prince vengea son prédécesseur, et réprima les Barbares à qui la mort de Probus avait rendu le courage. Il alla en Orient combattre les Perses avec Numérien, son second fils, et opposa aux ennemis du côté du Nord son fils aîné Carinus, qu'il fit César. C'était la seconde dignité et le plus proche degré pour parvenir à l'empire. Tout l'Orient trembla devant Carus: la Mésopotamie se soumit; les Perses divisés ne purent lui résister. Pendant que tout lui cédait, le Ciel l'arrêta par un coup de foudre. A force de le pleurer, Numérien fut prêt à* perdre les veux. Que ne fait dans les cœurs l'envie de régner I Loin d'être touché de ses maux, son beau-père Aper le tua (284) ; mais Dioclétien vengea sa

1. Cf La t'ontaine i/,a Génisse, la Chèvre et ta lirebis en société avec le Lion) -. • Comme h; plus vaillant, je prétends la troisième».

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