De bons sujets, de sujets Mêles
(4d3), l'adoucit. Les Goths traitèrent avec les Romains (414), et s'établirent en Espagne (415), en sa réservant dans les Gaules les provinces qui tiraient vers* les Pyrénées. Leur roi Vallia conduisit sagement ces grands desseins. L'Espagne montra sa constance, et sa foi ne s'altéra pas sous la domination de ces Ariens.
Cependant les Bourguignons, peuples germains, occupèrent le voisinage du Rhin, d'où peu à peu ils gagnèrent le pays qui porte encore leur nom. Les Francs ne s'oublièrent pas^ : résolus de faire de nouveaux efforts pour s'ouvrir les Gaules, ils élevèrent à la royauté Pharamond^ (420), fils deMarcomir; et la monarchie de France, la plus ancienne et la plus noble de toutes celles qui sont au monde, commença sous lui.
Le malheureux Honorius mourut (423) sans enfants et sans pourvoir à l'empire. Théodose nomma empereur (424) son cousin Valentinien III, fils de Placidie et de Constance, son second mari, et le mit durant son bas âge sous la tutelle de sa mère, à qui il donna le titre d'impératrice.
En ces temps Célestius et Pelage (412 — 413) nièrent le péché originel, et la grâce par laquelle nous sommes chrétiens. Malgré leurs dissimulations, les conciles d'Afrique les condamnèrent (416). Les papes saint Innocent (417) et saint Zozyme, que le pape saint Célestin suivit depuis, autorisèrent la condamnation et retendirent par tout l'univers. Saint Augustin confondit ces dangereux hérétiques, et éclaira toute l'Eglise par ses admirables écrits. Le même Père, secondé de saint Prosper, son disciple, ferma la bouche aux demi-Pélagiens, qui attribuaient le commencement de la justification et de la foi aux seules forces du libre arbitre. Un siècle si malheureux à l'empire, et où il s'éleva tant d'hérésies, ne laissa pas d'être heureux au christianisme. Nul trouble ne l'ébranla, nulle hérésie ne le corrompit. L'Église, féconde en grands hommes, confondit toutes les erreurs. Après les persécutions, Dieu se plut à faire éclater la gloire de ses martyrs : toutes les histoires et tous les écrits sont pleins de miracles que leur secours imploré et