Epiph., Hxr., c. lxxv ; Aug., Hser., c. UU
égalé la prêtrise cà l'épiscopat, et avoir jugé inutiles les prières et les oblations que toute l'Église faisait pour les morts. Une troisième erreur de cet hérésiarque était de compter parmi les servitudes de la loi l'observance de certains jeûnes marqués, et de vouloir que le jeûne fût toujours libre. 11 vivait encore quand saint Épiphane se rendit célèbre par son Histoire des Hérésies, où il est réfuté avec tous les autres. Saint Martin fut fait évéque de Tours, et remplit tout l'univers du bruit de sa sainteté et de ses miracles, durant sa vie et après sa mort. Valentinien mourut (375) après un discours violent qu'il fit aux ennemis de l'empire; son impétueuse colère, qui le faisait redouter des autres, lui fut fatale à lui-même. Son successeur Gratien vit sans envie l'élévation de son jeune frère Valentinien II, qu'on fit empereur, encore qu'il n'eût que neuf ans. Sa mère Justine, protectrice des Ariens, gouverna durant son bas âge.
On voit ici en peu d'années de merveilleux événements : la révolte des Goths contre Valens (377) ; ce prince quitter les Perses pour réprimer les rebelles; Gratien accourir à lui après avoir remporté une victoire signalée sur les Allemands. Valens, qui veut vaincre seul, précipite le combat, où il est tué auprès d'Andrinople (378) ; les Goths victorieux le brûlent dans un village où il s'était retiré. Gratien, accablé d'affaires, associe à l'empire le grand Théodose, et lui laisse l'Orient (379). Les Goths sont vaincus ; tous les Barbares sont tenus en crainte, et, ce que Théodose n'estimait pas moins, les hérétiques macédoniens qui niaient la divinité du Saint- Esprit sont condamnés au concile de Gonstantinople (382). Il ne s'y trouva que l'Église grecque : le consentement de tout l'Occident et du pape saint Damase le fit appeler second concile général.
Pendant que Théodose gouvernait avec tant de force et tant de succès, Gratien, qui n'était pas moins vaillant ni moins pieux, abandonné de ses troupes toutes composées d'étrangers, fut immolé au tyran Maxime (383). L'Église et l'empire pleurent ce bon prince. Le tyran régna dans les Gaules (386, 387), et sembla se contenter de ce partage. L'impératrice Justine publia sous le nom de son fils des édits en faveur de l'arianisme. Saint Ambroise, évêque de Milan, ne lui opposa que la saine doctrine, les prières et la patience, et sut par de telles armes, non seulement conserver à l'Église les basiliques que les hérétiques voulaient
occuper, mais encore lui gagner le jeune empereur. Cependant Maxime remue; et Justine ne trouve rien de plus fidèle que le saint évêque, qu'elle traitait de rebelle. Elle l'envoie au tyran; que ses discours ne peuvent fléchir. Le jeune Valentinien est contraint de prendre la fuite avec sa mère. Maxime se rend maître à Rome, où il rétablit les sacrifices des faux dieux par complaisance pour le sénat presque encore tout païen (388). Après qu'il eut occupé tout l'Occident, et dans le temps qu'il se croyait le plus paisible, Théodose, assisté des Francs, le défit dans la Pannonie, l'assiégea dans Aquiléo et le laissa tuer par ses soldats.
Maître absolu des deux empires, il rendit celui d'Occident à Valentinien, qui ne le garda pas longtemps. Ce jeune prince éleva et abaissa trop Arbogaste, un capitaine des Francs, vaillant, désintéressé, mais capable de maintenir par toute sorte de crimes le pouvoir qu'il s'était acquis sur les troupes. Il éleva le tyran Eugène, qui ne savait que discourir, et tua Valentinien (392), qui ne voulait plus avoir pour maître le superbe Franc. Ce coup détestable fut fait dans les Gaules, auprès de Vienne. Saint Ambroise, que le jeune empereur avait mandé pour recevoir de lui le baptême, déplora sa perte et espéra bien de son salut. Sa mort ne demeura pas impunie. Un miracle visible donna la victoire à Théodose sur Eugène et sur les faux dieux, dont ce tyran avait rétabli le culte. Eugène fut pris : il fallut le sacrifier à la vengeance publique, et abattre la rébellion par sa mort (394). Le fier Arbogaste se tua lui-même, plutôt que d'avoir recours à la clémence du vainqueur, que tout le reste des rebelles venait d'éprouver.
Théodose, seul empereur, fut la joie et l'admiration de tout l'univers. Il appuya la religion ; il fit taire les hérétiques; il abolit les sacrifices impurs des païens; il corrigea la mollesse et réprima les dépenses superflues. Il avoua humblement ses fautes, et il en fit pénitence (390). Il écoutn saint Ambroise, célèbre docteur de l'Église, qui le reprenait de sa colère, seul >'ice d'un si grand prince. Toujours victorieux, jamais il ne fit la guerre que par nécessité. Il rendit les peuples heureux, et mourut en paix (395), plus illustre par sa foi que par ses victoires.
De son temps (386 — 387i, saint Jérôme, prêtre retiré dans la sainte grotte de Bethléem, entreprit des travaux immenses pour expliquer l'Écriture, en lut tous les interprètes,
déterra toutes les histoires, saintes et profanes, qui la peuvent éclaircir, et composa sur l'original hébreu la version de la Bible que toute l'Éghse a reçue sous le nom de Vulgate.
L'empire, qui paraissait invincible sous Théodose, changea tout à coup sous ses deux fils. Arcade eut l'Orient, et Honorius l'Occident : tous deux gouvernés par leurs ministres, ils firent servir leur puissance à des intérêts particuliers. Rufin et" Eutrope, successivement favoris d'Arcade et aussi méchants l'un que l'autre, périrent bientôt (395, 399) : et les affaires n'en allèrent pas mieux sous un prince faible. Sa femme Eudoxe lui fit persécuter saint Jean Chrysostome, patriarche de Gonstantinopleet la lumière de l'Orient (403, 404). Le pape saint Innocent et tout l'occident soutinrent ce grand évêque contre Théophile, patriarche d'Alexandrie, ministre des violences de l'impératrice. L'Occident était troublé par l'inondation des Barbares (406 et suiv.). Radagaise, goth et païen, ravagea l'Italie. Les Vandales, nation gothique &i arienne, occupèrent une partie de laGaule et se répandirent dans l'Espagne. Alaric, roi des Visigoths, peuples ariens, contraignit Honorius à lui abandonner ces grandes provinces déjà occupées par les Vandales. Stilicon, embarrassé de tant de Barbares, les bat, les ménage, s'entend et rompt avec eux, saciifle tout à son intérêt, et conserve néanmoins l'empire qu'il avait dessein d'usurper.
Cependant Arcade mourut (408), et crut l'Orient si dépourvu de bons sujets* qu'il mit son fils Théodose, âgé de huit ans, sous la tutelle d'Isdegerde, roi de Perse. Mais Pulchérie, sœur du jeune empereur, se trouva capable des grandes affaires. L'empire de Théodose se soutint par la prudence et par la piété de cette princesse.
Celui d'Honorius semblait proche de sa ruine. Il fit mourir Stilicon, et ne sut pas remplir la place d'un si habile ministre. La révolte de Constantin, la perte entière de la Gaule et de rEspagne(409), la prise et le sac de Rome (410; par les armes d' Alaric et des Visigoths, furent la suite de la mort de Stilicon. Ataulphe, plus furieux qu'Alaric, pilla Rome de nouveau, et il ne songeait qu'à abolir le nom romain; mais, pourle bonheur de l'empire, il prit Placidie, sœur de l'empereur. Cette princesse captive, qu'il épousa