Cor\c. Xic. ri, a<-t. Vf
i. Conc. Nie. Il, Defln. Pseudo-syn. CP.
recours aux prières de la sainte Vierge et des saints*. Les catholiques, persécutés pour l'honneur qu'ils rendaient aux images, répondaient à l'empereur qu'ils aimaient mieux endurer toute sorte d'extrémités que de ne pas honorer Jésus-Christ jusque dans son ombre.
Cependant Pépin repassa les Alpes, et châtia (755) l'infidèle Astolphe qui refusait d'exécuter le traité de paix. L'Église romaine ne reçut jamais un plus beau don que celui que lui fit alors ce pieux prince. Il lui donna les villes reconquises sur les Lombards, et se moqua de Copronyrae qui les redemandait, lui qui n'avait pu les défendre. Depuis ce temps les empereurs furent peu reconnus dans Rome : ils y devinrent méprisables par leur faiblesse et odieux par leurs erreurs. Pépin y fut regardé comme protecteur du peuple romain et de l'Église romaine. Cette qualité devint comme héréditaire à sa maison et aux rois de France.
Charlemagne, fils de Pépin, la soutint avec autant de courage que de piété. Le pape Adrien eut recours à lui contre Didier, roi des Lombards, qui avait pris plusieurs villes et menaçait toute l'Italie (772). Charlemagne passa les Alpes (773). Tout fléchit : Didier fut livré (774) ; les rois lombards, ennemis de Rome et des papes, furent détruits ; Charlemagne se fit couronner roi d'Italie, et prit le titre de roi des Français et des Lombards. En même temps il exerça dans Rome même l'autorité souveraine en qualité de patrice, et confirma au Saint-Siège les donations du roi son père. «■Les empereurs avaient peine à résister aux Rulgares, et soutenaient vainement contre Charlemagne les Lombards dépossédés.
La querelle des images durait toujours, Léon IV, fils de Copronyme, semblait d'abord s'être adouci ; mais il renouvela la persécution aussitôt qu'il se crut le maître. Il mourut bientôt (780). Son fils Constantin, âgé de dix ans, lui succéda et régna sous la tutelle de l'impératrice Irène, sa mère. Alors les choses commencèrent à changer de face. Paul, patriarche de Constantinople, déclara sur la fin de sa vie qu'il avait combattu les images, contie sa conscience, et se retira dans un monastère (784), où il déplora en présence de l'impératrice le malheur de l'Église de Constantinople
i. Conc. Nie. II, De/ln. Pseudosyn. CP,, can. ix et xi.
séparée des quatre sièges patriarcaux, et lui proposa la célébration d'un concile universel comme l'unique remède d'un si grand mal. Taraise, son successeur, soutint que la question n'avait pas été jugée dans l'ordre, parce qu'on aTait commencé par une ordonnance de l'empereur, qu'un concile tenu contre les formes avait suivie, au lieu qu'en matière de religion c'est au concile à commencer et aux empereurs à appuyer le jugement de l'Église. Fondé sur cette raison, il n'accepta le patriarcat qu'à condition qu'on tiendrait le concile universel : il fut commencé à Constantinople et continué à Nicée (787). Le pape y envoya ses légats : le concile des iconoclastes fut condamné; ils sont détestés comme gens qui, à l'exemple des Sarrasins, accusaient les chrétiens d'idolâtrie. On décida que les images seraient honorées en mémoire et pour l'amour des originaux ; ce qui s'appelle dans le concile « culte relatif, adoration et salutation honoraire », qu'on oppose, « au culte suprême, et à l'adoration de latrie, ou d'entière sujétion », que le concile réserve à Dieu seuP. Outre les légats du Saint-Siège et la présence du patriarche de Constantinople, il y parut des légats des autres sièges patriarcaux opprimés alors par les infidèles. Quelques-uns leur ont contesté leur mission ; mais ce qui n'est pas contesté, c'est que, loin de les désavouer, tous ces sièges ont accepté le concile sans qu'il y paraisse de contradiction, et il a été reçu par toute l'Église.
Les Français, environnés d'idolâtres ou de nouveaux chrétiens dont ils craignaient de brouiller les idées, et d'ailleurs embarrassés du terme équivoque d'adoration, hésitèrent longtemps. Parmi toutes les images ils ne voulaient rendre d'honneur qu'à celle de la croix, absolument difîérente des figures que les païens croyaient pleines de divinité. Ils conservèrent pourtant en lieu honorable, et même dans les églises, les autres images, et détestèrent les iconoclastes. Ce qui resta de diversité ne fit aucun schisme. Les Français connurent enfin que les Pères de Nicée ne demandaient pour les images que le même genre de culte, toutes proportions gardées, qu'ils rendaient eux-mêmes aux reliques, au livre de l'Évangile et à la croix; et ce concile fut honoré par toute la chrétienté sous le nom de septième concile général.
i. Conç, Nie. II, act. vu.
Ainsi nous avons vu les sept conciles généraux, que l'O- I ient et l'Occident, l'Église grecque et l'Église laline, reçoivent avec une égale révérence. Les empereurs convoquaient ces grandes assemblées par l'autorité souveraine qu'ils avaient sur tous les évêques, ou du moins sur les principaux, d'où dépendaient tous les autres, et qui étaient alors sujets de l'empire. Les voitures publiques leur étaient fournies par l'ordre des princes. Ils assemblaient les conciles en Orient, oij ils faisaient leur résidence, et y envoyaient ordinairement des commissaires pour maintenir l'ordre. Les évêques ainsi assemblés portaient avec eux l'autorité du Saint-Esprit et la tradition des Églises. Dès l'origine du christianisme, il y avait trois sièges principaux, qui précédaient tous les autres-' celui de Rome, celui d'Alexandrie et celui d'Antioche. Le concile de Nicée avait approuvé que l'évèquede la cité sainte eût le même rang *. Le second et le quatrième concile élevèrent le siège de Gonstantinople, et voulurent qu'il fût le second ^. Ainsi il se fît cinq sièges, que dans la suite des temps on appela patriarcaux. La préséance leur était donnée dans le concile. Entre ces sièges, le siège de Rome était toujours regardé comme le premier, et le concile de Nicée régla les autres sur celui-là^. Il y avait aussi des évêques métropolitains, qui étaient les chefs des provinces et qui précédaient les autres évêques. On commença assez tard à les appeler archevêques ; mais leur autorité n'en était pas moins reconnue. Quand le concile était formé, on proposait l'Écriture sainte ; on lisait les passages des anciens pères témoins de la tradition : c'était la tradition qui interprétait l'Écriture ; on croyait que son ATai sens était celui dont les siècles passés étaient convenus, et nul ne croyait avoir droit de l'expliquer autrement. Ceux qui l'efusaient de se soumettre aux décisions du concile étaient frappés d'anathème. Après avoir expliqué la foi, on réglait la discipline ecclésiastique et on dressait les canons, c'est-àdire les règles de l'Église. On croyait que la foi ne changeait jamais, et qu'encore que la discipline pût recevoir divers changements selon les temps et selon les lieux, il fallait tendre autant qu'on pouvait à une parfaite imitation de l'an-