Par la conduite, par l'habile politique
dégoûté du siècle, au milieu de sa grandeur et de ses victoires, embrassa la vie monastique (747). Par ce moyen son frère Pépin réunit en sa personne toute la puissance. 11 sut la soutenir par un grand mérite, et prit le dessin de s'élever à la royauté. Childéric, le plus misérable de tous les princes, lui en ouvrit le cbemin (752), et joignit à la qualité de fainéant celle d'insensé. Les Français, dégoûtés de leurs fainéants et accoutumés depuis tant de temps à la maison de Charles Martel féconde en grands hommes, n'étaient plus embarrassés que du serment qu'ils avaient prêté à Childéric. Sur la réponse du pape Zacharie, ils se crurent libres, et d'autant plus dégagés du serment qu'ilsavaientprétéàleurroi que lui et ses devanciers semblaient depuis cent ans avoir renoncé au droit qu'ils avaient de leur commander, en laissant attacher tout le pouvoir à la charge de maire du palais. Ainsi Pépin fut mis sur le trône, et le nom de roi fut réuni avec l'autorité.
Le pape Etienne III trouva dans le nouveau roi (733) le même zèle que Charles Martel avait eu pour le Saint-Siège contre les Lombards. Après avoir vainement imploré le secours de l'empereur, il se jeta entre les bras des Français. Le roi le reçut en France avec respect, et voulut être sacré et couronné de sa main (754). En même temps il passa les Alpes, délivra Rome et l'exarchat de Ravenne, et réduisit Astolphe, roi des Lombards, à une paix équitable. Cependant l'empereur faisait la guerre aux images. Pour s'appuyer de l'autorité ecclésiastique, il assembla un nombreux concile à Constantinople. On n'y vit pourtant point paraître, selon la coutume, ni les légats du Saint-Siège, ni lesévêques ou les légats des autres sièges patriarcaux*. Dans ce concile, non seulement on condamna comme idolâtrie tout l'honneur rendu aux images en mémoire des originaux, mais encore on y condamna la sculpture et la peinture comme des arts détestables*. C'était l'opinion des Sarrasins, dont on disait que Léon avait suivi les conseils quand il renversa les images. Il ne parut pourtant rien contre les reliques. Le concile de Copronynie ne défendit pas de les honorer, et il frappa d'analhème ceux qui refusaient d'avoir