‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 89 sur 339 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

134 PARTIE II, CHAPITRï; HI

nous les a révélés pour nous apprendre à le craindre, à l'adorer, à l'aimer, à l'attendre avec foi et patience.

Le temps étant arrivé, il écoute les cris de son peuple, cruellement affligé ^ par les Égyptiens, et il envoie Moïse pour délivrer ses enfants de leur tyrannie.

Il se fait connaître à ce grand homme plus qu'il n'avait jamais fait à aucun homme vivant. Il lui apparaît d'une manière également magnifique et consolante^; il lui déclare qu'il est Celui qui est. Tout ce qui est devant lui n'est qu'une ombre, a Je suis, dit-il. Celui qui suis •': l'être et la perfection m'appartiennent à moi seul ». Il prend un nouveau nom, qui désigne l'être et la vie en lui comme dans leur source ; et c'est ce grand nom de Dieu terrible, mystérieux, incommunicable, sous lequel il veut dorénavant être servi.

Je ne vous raconterai pas en particulier les plaies de l'Egypte, ni l'endurcissement de Pharaon, ni le passage de la mer Rouge, ni la fumée, les éclairs, la trompette résonnante, le bruit effroyable qui parut au peuple sur le mont Sinaï. Dieu y gravait de sa main sur deux tables de pierre les préceptes fondamentaux de la religion et de la société; Il dictait le reste à Moïse à haute voix. Pour maintenircette loi dans sa \igueur, il eut ordre de former une assemblée vénérable de septante conseillers*, qui pouvait être appelée le sénat du peuple de Dieu et le conseil perpétuel de la nation. Dieu parut publiquement, et fit publier sa loi en sa présence avec une démonstration étonnante de sa majesté et de sa puissance.

Jusque-là Dieu n'avait rien donné par écrit qui pût servir de règle aux hommes. Les enfants d'Abi'aham avaient seulement la circoncision et les cérémonies qui l'accompagnaient pour marque de l'alliance que Dieu avait contractée avec celte race élue. Ils étaient séparés par cette marque des peuples qui adoraient les fausses divinités ; au reste, ils se conservaient dans l'alliance de Dieu parle souvenir qu'ils avaient des promesses faites à leurs pères, et ils étaient

i. Afflige, mot très énergiqne dont la racine rappelle les fliatix d'Egypte.

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