Exod., x.\iv, et A'm»m., xi
connus comme un peuple qui servait le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Dieu était si fort oublié qu'il fallait le discerner parle nom de ceux qui avaient été ses adorateurs, et dont il était aussi le protecteur déclaré.
Il ne voulut point abandonner plus~longteraps à la seule mémoire des hommes le mystère de la religion et de son alliance. Il était temps de donner de plus fortes barrières à l'idolâtrie qui inondait tout le genre humain et achevait d'y éteindre les restes de la lumière naturelle.
L'ignorance et l'aveuglement s'étaient prodigieusement accrus depuis le temps d'Abraham. De son temps, et un peu après, la connaissance de Dieu paraissait encore dans la Palestine et dans l'Egypte. Melchisédech, roi de Salem, était c le pontife du Dieu très haut, qui a fait le ciel et la terre* ». Abimélech, roi de Gérare,et son successeur de même nom, craignaient Dieu, juraient en son nom et admiraient sa puissance^. Les menaces de ce grand Dieu étaient redoutées par Pharaon, roi d'Egypte 3; mais dans le temps de Moïse, ces nations s'étaient perverties. Le vrai Dieu n'était plus connu en Egypte comme le Dieu de tous les peuples de l'univers, mais « comme le Dieu des Hébreux *». On adorait jusqu'aux bêtes et jusqu'aux reptiles^. Tout était Dieu, excepté Dieu même ; et le monde que Dieu avait fait pour manifester sa puissance, semblait être devenu un temple d'idoles. Le genre humain s'égara jusqu'à adorer ses vices et ses passions; et il ne faut pas s'en étonner. Il n'y avait point de puissance plus inévitable ni plus tyrannique que la leur. L'homme, accoutumé à croire divin tout ce qui était puissant, comme il se sentait entraîné au vice par une force invincible, crut aisément que cette force était hors de lui, et s'en fit bientôt un Dieu. C'est par là que l'amour impudique eut tant d'autels, et que des impuretés qui font horreur commencèrent à être mêlées dans des sacrifices^.
La cruauté y entra en même temps. L'homme coupable,
i. Gen., xrv, 18, 19.