F.xod., XV
nemis du peuple de Dieu les uns déjà noyés et les autres * demi vaincus par la terreur. Par le second*, Moïse confond l'ingratitude du peuple, en célébrant les bontés et les merveiÔes de Dieu. Les siècles suivants l'ont imité C'était Dieu et ses œuvres merveilleuses qui faisaient le sujet des odes qu'ils ont composées : Dieu les inspirait lui-même, et il n'y a proprement que le peuple de Dieu où la poésie soit venue par enthousiasme ^.
Jacob avait prononcé dans ce langage mystique les oracles qui contenaienl la destinée de ses enfants, afin que chaque tribu retînt plus aisément ce qui la touchait, et apprît à louer celui qui n'était pas moins magnifique dans ses prédictions que fidèle à les accomplir.
Voilà les moyens dont Dieu s'est servi pour conserver jus- =€[u'à Moïse la mémoire des choses passées.
Ce grand homme, instruit par tous ces moyens et élevé au-dessus par le Saint-Esprit, a écrit les œuvres de Dieu avec une exactitude et une simplicité qui attire la croyance et l'admiration non pas à lui, mais à Dieu même.
Il a joint aux choses passées, qui contenaient l'origine et les anciennes traditions du peuple de Dieu, les merveilles que Dieu faisait actuellement pour sa délivrance. De cela, il n'allègue point aux Israélites d'autres témoins que leurs yeux. Moïse ne leur conte point des choses qui se soient passées dans des retraites impénétrables et dans des antres profonds ; il ne parle point en l'air ^ ; il particularise et circonstancié toutes choses, comme un homme qui ne craint point d'être démenti. Il fonde toutes leurs lois et toute leur république sur les merveilles qu'ils ont vues. Ces merveilles n'étaient rien moins que la nature changée tout à coup en .différentes occasions pour les délivrer et pour punir leurs ennemis ; la mer séparée en deux, la terre entr'ouverte, un pain céleste, des eaux abondantes tirées des rochers par un coup de verge, le ciel qui leur donnait un signal visible pour marquer leur marche, et d'autres miracles semblabjes qu'ils ont vu durer quarante ans. ^