Deut., XXXII
i. Enthousiasme est ici le mot propre. Le poète est véritablement" Inspiré, rempli de Dieu [é'vdeoi).
3. Expression très énergique dans sa familiarité. On dirait, dans le même sens : « Il ne leur fait point des contes en l'air ».
IW PARTIE II, CHAPITRE m
Le peuple d'Israël n'était pas plus intelligent ni plus subtil que les autres peuples, qui, s'étant livrés à leurs sens, ne pouvaient concevoir un Dieu invisible. Au contraire, il était grossier et rebelle autant ou plus qu'aucun autre peuple. Mais ce Dieu invisible dans sa nature se rendait tellement sensible par de continuels miracles, et Moïse les inculquait* avec tant de force, qu'à la fin ce peuple charnel se laissa toucher de l'idée si pure d'un Dieu qui faisait tout par sa parole,, d'un Dieu qui n'était qu'esprit, que raison et intelligence.
De cette sorte, pendant que l'idolâtrie, si fort augmentée depuis Abraham, couvrait toute la face de la terre, la seule postérité de ce patriarche en était exempte. Leurs ennemis leur rendaient ce témoignage; et les peuples oîi la vérité de la tradition n'était pas encore tout à fait éteinte s'écriaient avec étonnement : « On ne voit pas d'idoles en Jacob, on n'y voit point de présages superstitieux, on n'y voit point de divinations ni de sortilèges : c'est un peuple qui se fie au Seigneur son Dieu, dont la puissance est invincible* i.
Pour imprimer dans les esprits l'unité de Dieu, et la parfaite uniformité qu'il demandait dans son culte. Moïse répète souvent"' que dans la Terre promise ce Dieu unique choisirait un lieu dans lequel seul se feraient les fêtes, les sacrifices et tout le service* public. En attendant ce lieu désiré, durant que le peuple errait dans le désert, Moïse construisit le Tabernacle, temple portatif, où les enfants d'Israël présentaient leurs vœux au Dieu qui avait fait le ciel et la terre, et qui ne dédaignait pas de voyager, pour ainsi dire, avec eux, et de les conduire.
Sur ce principe de religion, sur ce fondement sacré était bâtie toute la loi ; loi sainte, juste, bienfaisante, honnête, sage, prévoyante et simple, qui liait la société des hommes entre eux par la sainte société de l'homme avec Dieu.
A ces saintes institutions il ajouta des cérémonies majestueuses, des fêtes qui rappelaient la mémoire des miracles par lesquels le peuple d'Israël avait été délivré, et, ce qu'au-
1. Les incuZ^MOit, les faisait entrer violemment, pour ainsi dire (in, calco), dans ces esprits « grossiers et rebelles ».