‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 97 sur 339 · Deut., IV, 2 ; xn, 32* etc · texte numérisé non relu

Deut., IV, 2 ; xn, 32* etc

3. Cette année solennelle était ainsi nommée parce qu'alors les dettes étaient • remises » aux débiteurs.

par la malice ou par la négligence des hommes, outre les copies qui couraient parmi le peuple, on en faisait des exemplaires authentiques, qui, soigneusement revus et gardés par les prêtres et les lévites, tenaient lieu d'originaux. Les rois (car Moïse avait bien prévu que ce peuple voudrait enfin avoir des rois comme tous les autres), les rois, dis-je, étaient obhgés par une loi expresse du Deutéronome à recevoir des mains des prêtres un de ces exemplaires si religieusement corrigés, afin qu'ils le transcrivissent et le lussent toute leur vie. Les exemplaires ainsi revus par autorité publique étaient en singulière vénération à tout le peuple : on les regardait comme sortis immédiatement des mains de Moïse, aussi purs et aussi entiers que Dieu les lui avait dictés. Un ancien volume de cette sévère et religieuse correction, ayant été trouvé dans la maison du Seigneur*, sous le règne de Josias, et peut-être était-ce l'original même que Moïse avait fait mettre auprès de l'arche, excita la piété de ce saint roi, et lui fut une occasion de porter ce peuple à la pénitence. Les grands effets qu'a opéré dans tous les temps la lecture publique de cette loi sont innombrables. En un mot, c'était un livre parfait, qui, étant joint par Moïse à l'histoire du peuple de Dieu, lui apprenait tout ensemble son origine, sa religion, sa police, ses mœurs, sa philosophie, tout ce qui sert à régler la vie, tout ce qui unit et forme la société, les bons et les mauvais exemples, les récompenses des uns et les châtiments rigoureux qui avaient suivi les autres.

Par celte admirable discipline, tm peuple sorti d'esclavage et tenu quarante ans dans un désert arrive tout formé à la terre qu'il doit occuper^. Moïse le mène à la porte, et averti de sa fin prochaine, il commet ce qui reste à faire à Josué. Mais, avant que de mourir, il composa ce long et admirable cantique qui commence par ces paroles^: «0 deux, écoutez ma voix ; que la terre prête l'oreille aux paroles de ma bouche ». Dans ce silence de toute la nature, il parle d'abord au peuple avec une force inimitable, et, pré voyant ses infidélités, il lui en découvre l'horreur. Tout d'un coup il sort de lui-même comme trouvant tout discours hu-

i. IV Reg., xxn, 8, etc. ; II Pœr., xxxiv, 14, etc.

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