Deut., xxiii
main au-dessous d'un sujet si grand : il rapporte ce que Dieu dit, elle fait parler avec tant de hauteur et tant de bonté qu'on ne sait ce qu'il inspire de plus, ou la crainte et la confusion, ou l'amour et la confiance.
Tout le peuple apprit par cœur ce divin cantique par ordre de Dieu et de Moïse*. Ce grand homme après cela mourut content, comme un homme qui n'avait rien oublié pour conserver parmi les siens la mémoire des bienfaits et des préceptes de Dieu. Il laissa ses enfants au milieu de leurs citoyens sans aucune distinction et sans aucun établissement extraordinaire. Il a été admiré non seulement de son peuple, mais encore de tous les peuples du monde ; et aucun législateur n'a jamais eu un si grand nom parmi les hommes.
Tous les prophètes qui ont suivi dans l'ancienne loi et tout ce qu'il y a eu d'écrivains sacrés ont tenu à gloire d'être ses disciples. En effet, il parle en maître : on remarque dans ses écrits un caractère tout particulier et je ne sais quoi d'original qu'on ne trouve en nul autre écrit ; il a dans sa simplicité un sublime si majestueux que rien ne le peut égaler, et si, en entendant les autres prophètes, on croit entendre des hommes inspirés de Dieu, c'est, pour ainsi dire. Dieu même en personne qu'on croit entendre dans la voix et dans les écrits de Moïse.
On tient qu'il a écrit le livre de Job*. La sublimité des pensées et la majesté du style rendent cette histoire digne de Moïse. De peur que les Hébreux ne s'enorgueillissent en s'attribuant à eux seuls la grâce de Dieu, il était bon de leur faire entendre qu'il avait eu ses élus, même dans la race d'Ésaii. Quelle doctrine était plus importante ? et quel entretien plus utile pouvait donner Moïse au peuple affligé dans le désert que celui de la patience de Job, qui, livré entre les mains de Satan pour être exercé par toute sorte de peines, se voit privé de ses biens, de ses enfants, et de toute consolation sur la terre ; incontinent après, frappé d'une horrible maladie, et agité au dedans par la tentation du blasphème et du désespoir ; qui néanmoins, en demeurant ferme, fait voir qu'une àme fidèle soutenue du secours divin, au milieu des épreuves les plus effroyables et malgré les