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CHAPITRE X

Prophéties de Zacharie et d Agsée.

Vous voyez ce que Dieu montra au prophète Daniel un peu devant les victoires de Cyrus et le rétablissement du temple. Du temps qu'il se bâtissait, il suscita les prophètes Aggée et Zacharie, et incontinent après il envoya Malachie, qui devàitjermer les prophéties de l'ancien peuple.

Que n'a pas vu Zacharie? On dirait que le livre des décrets divins ait été ouvert à ce prophète, et qu'il y ait lu toute l'histoire du peuple de Dieu depuis la captivité.

Les persécutions des rois de Syrie, et les guerres qu'ils font à Juda, lui sont découvertes dans toute leur suite \ Il voit Jérusalem prise et saccagée ; un pillage effroyable et des désordres infinis ; le peuple en fuite dans le désert , incertain de sa condition , entre la mort et la vie j à la veille de sa dernière désolation , une nouvelle lumière lui paraître tout-à-coup. Les ennemis sont vaincus; les idoles sont renversées dans toute la terre sainte : on voit la paix et l'abondance dans la ville et dans le pays, et le tem|)le est révéré dans tout l'Orient.

Une circonstance mémorable de ces guerres est révélée au prophète : « Juda même combattra, dit-il \ contre Jéru- « salem : » c'était à dire que Jérusalem devait être trahie par ses enfants, et que paimi ses ennemis il se trouverait beaucoup de Juifs.

Quelquefois il voit une longue suite de prospérités ' : Juda est rempli de force '' ; les royaumes qui l'ont oppressé sont humiliés ' : les voisins qui n'ont cessé de le tourmenter sont pimis; (luehiues-uns sont convertis, et incoiporés au

^ Ziich., \iv. — ■' 1Im(I., li. — ^ Id., i\, x. — 1(1. X. <•). Ijid., 11.

L\ SlITE DK LA UELÏGION. 203

fwuple de Dieu. Le prophète voit ce peuple comblé des bieni'ai(s divins, pai'mi lesquels il leiir conte le triomphe aussi modeste que glorieux « du roi pauvre, du roi pacifique, du » roi sauveur , qui entre, monté sur un âne, dans sa ville » de Jérusalem K »

Après avoir raconté les prospérités , il reprend dès l'origine loule la suite des maux \ Il voit tout d'un coup le feu dans le tem|)le ; tout le pays ruiné avec la ville capitale ; des meurtres, des violences; un roi qui les autorise. Dieu a pitié de son peuple abandonné : il s'en rend lui-même le pasteur, et sa protection le soutient. A la lin il s'allume des guerres civiles; et les alTaires vont en décadence. Le temps de ce changement est désigné par un caractère certain, et trois pasteurs , c'est-à-dire , selon le style ancien, trois princes, dégradés en un môme mois, en marcjuent le commencement. Les paroles du prophète sont précises : J'ai retranche ^ dit-il % trois pasteurs^ c'est-à-dire, trois piinces, m un seul mois, et mon cœur s'est resserré envers eux (envers mon peuple), parce (ju'aassl ils ont varié envers moi ^ et ne sont pas demeurés fermes dans mes préceptes ; et j'ai dit : Je ne serai plus votre pasteur ; je ne VOUS gouvcincrai plus (avec celte application particulière que vous aviez toujours éprouvée) : je vous abandonnerai à vous-mêmes, à votie ma-lheureuse destinée, à l'esprit de division qui pe mettra parmi vous, sans prendre dorénavant aucun soin de détourner les maux qui vous menacent. Ainsi ce qui doit mourir ira à la mort; ce (pu doit être retranché sera retranche ^ et chacun dévorera la chair de son prochain. Voilà quel devait être à la fin le sort des .luifs justement abandonnés de Dieu; et voilà en termes précis le commencement de la décadence à la chute de ces trois princes. La suite nous fera voir que Taccomplisscmeiit de la prophétie n'a pas été moins manifeste.

Au milieu de tant de malheurs, prédits si clairement par

1 Z:vh., X, 1. 2, :^, i, 5, 6, 7, 8. 9. — 2 Id., xi. — ' 1(1., xi , «.

20/i mSTOlUE IMViaiSKLLE.

Zaciiarie., paraît encore un plus grand malheur. Un peu après ces divisions, et dans les temps de la décadence, Dieu est acheté trente deniers par son peuple ingrat ; cl le prophète voit tout, jusques au champ au potier ou du .scalp-

tenr auquel cet argent est employé i. De là suivent d'exti-emes désordres parmi les pasteurs du peuple; enfin i!s sont aveuglés, et leur puissance est détruite ^

Que dirai-je de la meiveilleuse vision de Zadiarie , qui voit Le pasteur frappe et les brebis dispersées '■' '/ Que dirai- je du regard que jette le peuple sur son Dieu (juil a percé, et des larmes que lui fait verser une mort plus lamentable que celle d'un fils unique '', et que celle de Josias? Zacharie a vu toutes ces choses; mais ce qu'il a vu de pius grand, « c'est le Seigneur envoyé par le Seigneur jKUir habiter dans » Jérusalem , d'oii il appelle les Gentils pour les agré^^er à » son peuple, et demeurer au milieu d'eux \ »

Aggée dit moins de choses; mais ce qu'il dit est sui'prenant. Pendant qu'on bâtit le second temple, et (|ue l(\-i vieillards (jui avaient vu l(,^ premiei' tondent en laimes en compaiant la pauvreté de ce dernier édiliceav.T la magnilicence de l'autre'', le prophète, qui voit plus loin, pul)lie la gloire du second temple, et le préfère au piemier'. 11 e\j>li{pie d'où viendra la gloire de cette nouvelle maison : c'est que l.c Dcsirè des (îeutils arrivera : ce Messie promis depuis deux mille ans, et dès 1 Oiigine du inonde, connue le .sui\euides Gcnitils, paraiha dans ce !U)u\(vm temple. La paix y sera riablie, tout riiiiirns rnui rendra témoignage à la \ enue de son Rédempteur; il n'y a plus (pt'un peu de temps à l'atten- (h'e, et les temps destinés à celle attente sont dans leur derniei' jiériocle.

^ ZjicIi., m, 12, \'\. — lltid.. i:.. H>, 17. — ' M., \m, 7 ■ hl., \M, 1<>. ^ i(l.. Il, ^^, •> ti^, tl. — ' I Fsilr., ni, V) . \;:u.. n, 7, s. '», H>.

LA SI riK Di: LA ULLiraON. 205

cHAmub: XI.

La i)rnpli;'îie tle Ma'achic, qui est le dernier fies nro^ihètes ; et î arhèvenier.t du second ternpie.

Enfin le temple s'achève; les viclinies y sont immolées; mais les Juifs avares y offrent des hosties défeclueiises. Malachie, qui les en reprend, est élevé à mie plus haule considération, et, à Foccasion des offrandes immondes des Juifs, il xoiiVofl'rande {oujoui's />'(?r et jamais souillée </f// sera prcscntcc à Dieu ^ non plus seulement comme autrefois dans le temple de Jérusalem, mais dcpais le soleil levant jus- (/uau couchant; non plus par les Juifs, mais par les Gentils^ parmi lesquels il prédit que le nom de Dieu sera grande

Il voit aussi, comme Aggée, la gloire du second temple et le Messie qui Thonore de sa présence; mais il voit en même temjis que le Messie est le Dieu à qui ce temple est dédié. « J'envoie ujon ange , dit le Seigneur "', [)0ui' me jîré- » parer les voies, et incontinent vous verrez arriver dans » son saint temple le Seigneur que vous chei'chez^ et FAnge » de Tallianco que vous désirez. »>

Un ange est un envoyé : mais voici un envoyé d'une dignité merveilleuse; un envoyé qui a un temple, un envoyé (jui est Dieu, et qui entre dans le temple comme dans sa propre demeure; un envoyé désiré par tout le peuple, qui vient faire une nouvelle alliance, et qui est appelé, pour cette raison, l'Ange de l'alliance ou du testament.

C'était donc dans le second temple (jue ce Dieu envoyé de Dieu devait' paraître : mais un autre envoyé précède, et lui piéj)are les voies. Là nous voyons le Messie précédé par son précurseur. Le caractère de ce précurseur est encore montré au prophète. Ce doit être un nouvel Élie , remar-

' Mil . I, il, - |.!,. Hi. I

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quable par sa saintelé, par raustérilé de sa vie. par son autorité et par son zèle ^

Ainsi le dernier prophète de l'ancien peuple marque le premier prophète qui devait venir après lui. c'est-à-dire, cet Elle, précurseur du Seigneur qui devait paraître. Jusqu'à ce temps le peuple de Dieu n'avait point à attendre de prophète; la loi de ^loïse lui devait sufïire : et c'est pourquoi ^Jalachie finit par ces mots^ :« Souvenez-vous de la loi que » j'ai donnée sur le mont Horeb à Moïse, mon serviteui-, » pour tout Israël. Je vous enverrai le prophète Élie, qui » unira les cœurs des pères avec le cœur des enfants, » qui montrera à ceux-ci ce qu'ont attendu les autres.

A cette loi de Moïse. Dieu avait joint les prophètes qui avaient parlé en conformité, et Thistoire du peuple de Dieu faite par les mêmes prophètes, dans laquelle étaient confirmées par des expériences sensibles le? promesses et les menaces de la loi. Tout était soigneusement écrit; tout était digéré par l'ordre des temps : et voilà ce que Dieu laissa pour l'instruction de son peuple, quand il lit cesser les prophéties.

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