CHAPITRE XII
Los temps du second temple : fruit des ehàtiinenls et des prophéties précédentes : cessation de I idolâtrie cl des faux prophètes..
De telles iusiructions firent un giand changement dans les mœurs des Israélites. Ils n'avaient plus besoin ni d'apparition, ni de prédiction manifeste, ni de ces prodiges inouïs (jue Dieu faisait si souvent pour leur salut. Les témoignages (ju'ils avaient re(;us leur suflisaient , cl leur incrédulité, non-seulement convaincue par révénement, mais encore si sou^enl punie, les avait enlin rendus dociles.
(Vest pourquoi depuis ce temps on ne les voit plus re-
' Mal., m. 1 , IV, :>. (î. — - 1(1-, IV, 4, 5, O.
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tourner à Tidolàtrie , à laquelle ils étaient si étrangement portés. Ils s'étaient trop mal trouvés d'avoir rejeté le Dieu de leurs pères. Ils se souvenaient toujours de Nabuchodonosor, et de leur ruine si souvent prédite dans toutes ses circonstances , et toutefois plus toi arrivée qu'elle n'avait é(é crue. Ils n'étaient pas moins en admiration de leur rétablissement, fait, contre toute apparence, dans le temps et par celui qui leur avait été marqué. Jamais ils ne voyaient le second temple sans se souvenir pourquoi le premier avait été renversé , et comment celui-ci avait été rétabli : ainsi ils se confirmaient dans la foi de leurs Écritures, auxciucUes lout leur état rendait hommage.
On ne vit plus parmi eux de faux prophètes. Ils s'étaient défaits tout ensemble de la pente qu'ils avaient à les croire, et de celle qu'ils avaient à Tidolatrie. Zacharie avait prédit par un môme oracle que ces deux choses leur arriveraient \ En voici les propres paroles : « En ces jours, dit le Seigneui' » Dieu des armées, je détruirai le nom des idoles dans toute » la terre sainte j il ne s'en parlera plus : il n'y paraîtra non » plus de faux prophètes , ni d'esprit impur pour les inspi- » rer. Et si quelqu'un se mêle de prophétiser par son propre » esprit, son père et sa mère lui diront : Vous mourrez de- » main , parce que vous avez menti au nom du Seigneur. » On peut voir, dans le texte même, le reste, qui n'est pas moins fort. Cette prophétie eut un manifeste accomplissement. Les faux prophètes cessèrent sous le second temple : le peuple rebuté de leurs tromperies, n'était plus en état de les écouler. Les vrais prophètes de Dieu étaient lus et relus sans cesse : il ne leur fallait point de commentaire; et les choses qui arrivaient tous les jours, en exécution de leurs prophéties, en étaient de trop fidèles interprètes.
5 Z;>rh., xui , 2, 3, 4, .">, 0.
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CllAPlTRIi MIL
La longue poi\ dont ils jouissent , par qui rr 'dite.
En eli'el, tous leurs prophètes leur avaient promis une paix profon(]e. On lit encore avec joie la belle peinture que font Isaïe et Ézéchiel ^ des bienheureux temps qui devaient suivre la captivité deBabylone. Toutes les ruines sont réparées 5 les villes et les bourgades sont niagnifiqnemenl rebâties, le peuple est innombrable, les ennemis sont à bas, l'abondance est dans les villes et dans la campagne; on y voit la joie, le i-epos, et enfin tous les fruits d'une longue paix. Dieu pi'omet de tenir son peuple dans une durable et parfaite tranquillité 'K Ils en jouirent sous les rois de Perse. Tant que cet empire se soutint, les favorables décrets de Cyrus, qui en était le fondateur, assurèrent le repos des Juifs. Quoiqu'ils aient été menacés de leur dernière ruine sous Assuérns , quel qu'il soit, Dieu, (léclii par leurs larmes, changea tout à coup le cœur du roi, et tira une vengeance éclatante d'Aman leur ennemi '. Hors de celte conjoncture, qui passa si vite, ils furent toujours sans crainte. Instruits par leuis prophètes à obéir aux rois à qui Dieu les avait sounjis ', leur fidélité fut inviolable. Aussi furent-ils toujours doucement traités. A la faveur d'un tribut assez léger qu'ils payaient à leurs souverains, (|ui étaient plutôt leurs protecteurs que leurs maîtres, ils vivaient selon leurs propres k^is : la puissance sacerdotale fut conser\ée en son entier ; les pontifes conduisaient le peuple ; le conseil public, établi premièrement j)ar Moïse, avait louîe son
' Is., \i.i, 1 I. li. l.i ; \i,m, l.s, t*»; \i,i\ , 1^. W), 20. 'I\ : iii, 1 , '.', 7; Mv. \.\. ('t<.; lA , ir», l(», ck'.: Ezech.. wwi. wxviii , 11, JV. 13. li. ■' .Ici., m,m . '.'T. — Kslli., IV. \, \ n", \iii, ix. ' .Ici .. wMi . 1 ,'. 17 . \r, . !» . B.ir.. i . II. i;'
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aulorité; et ils exerçaient entre eux la puissance de vie et de mort, sans que personne se mêlât à leur conduite. Les rois l'ordonnaient ainsi \ La ruine de l'empire des Perses ne changea point leurs affaires. Alexandre respecta leur temple, admira leurs prophéties, et augmenta leurs pi"iviîéges 'K Ils eurent un peu à soufïVir sous ses piemiers successeurs. Ptolomée, fils de Lagus, surprit Jérusalem , et en emmena en Egypte cent mille captifs ^ ; mais il cessa bientôt de les haïr. Pour mieux dire, il ne les haït jamais : il ne voulait que les ôter aux rois de Syrie, ses ennemis. En effet , il ne les eut pas plutôt soumis, qu'il les fit citoyens d'Alexandrie, capitale de son royaume, ou plutôt il leur confirma le droit qu'Alexandre , fondateur de cette ville , leur y avait déjà donné; et, ne trouvant rien dans tout son état de plus fidèle que les Juifs, il en remplit ses armées, et leur confia ses places les plus importantes. Si les Lagides les considérèrent, ils furent encore mieux traités des Séleucides, sous l'empire desquels ils vivaient. Seleucus Nicanor , chef de cette famille, les établit dans Antioche '' ; et Antiochus le Dieu, son petit-fils, les ayant fait recevoir dans toutes les villes de l'Asie-Mineure , nous les avons vus se répandre dans toute la Grèce, y vivre selon leur loi, et y jouir des mêmes droits que les autres citoyens, comme ils faisaient dans Alexandrie et dans Antioche. Cependant leur loi est tournée en grec par les soins de Ptolomée Philadelphe, roi d'Egypte '. La religion judaïque est connue parmi les Gentils ; le temple do Jérusalem est enrichi par les dons des rois et des peuples ; les Juifs vivent en paix et en liberté sous la puissance des rois de Syrie, et ils n'avaient guère goûté une telle tranquillité sous leurs propres rois.
1 I Esdr., VII, .25, 26.
2 Joseph., Ânt., lib xi , c. 8 ; et lib. n, cont. Apion., n. i. •' 1(1., Aiit.,lil). xu , c. 1, 2; et !il). ii, cont. Apiou.
•' Id., Ant., lib. xii, c. 3; et lib. ii, cont. Apiou.
^ Ifl., Prœf. Ant., et lib. xii, c, 2; et jil). ii, cont. Apion.
210 HISTOIRE LMVEUSELLE.