QUATRIÈME ÉPOQUE
MOÏSE, or LA LOI KCIUTE.
Quatrii-mc A<io du nioiidc
Les temps de la loi écrite commencent (av. J.-C. 1491 ). Elle fut donnée à Moïse 430 ans après la vocation d'Abialiam, 856 ans après le déluge, et la même année que le peiiple iiéhreu sortit d'Egypte. Cette date est remarquable, ])arcc qu'on s'en sert pour désigner tout le temps qui s"écoule depuis Moïse jusqu'à Jésus-Christ. Tout ce temps est appelé le temps de la loi écrite, pour le distinguer du temps précédent , qu'on appelle le temps de la loi de nature , où les hommes n'avaient pour se gouverner que la raison naturelle et les traditions de leurs ancêtres.
Dieu donc ayant affranchi son peuple de la tyrannie des Egyptiens, poui" le conduire en la \qvvo oi\ il veut être servi , avant que de l'y établii', lui propose la loi selon laquelle il y doit vivre. Il écrit de ^a piopre main , sur deux tables qu'il donne à Moïse au haut du mont Sinaï, le fondement ih^ cette loi, c'est-à-dire, le Décalogue, ou les dix commandements, qui contiennent les premiers principes du culte de Dieu et de la société humaine. Il dicte au même Moïse les autres préceptes, par lesquels il établit le tabernacle, ligure du temps futur* ; l'arche où Dieu se montrait présent par ses or.tcles, et où les tables de la loi étaient renfermées; l élévation d'Aaron, frère de Moïse; le souverain sacerdoce, ou le |)ontilicat, dignité unique donnée à lui et à ses enfants ; les cérémonies de leur sacre, el la forme de leurs habits mystérieux; les fonctions des prêtres, enfants d'Aaron; celles des lévites, avec les autres observances de la religion; et , ce (ju'il y a de plus beau , les règles des bonnes mœurs , la
1 lU"br.,i\. 9, 13.
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j)OÎice et le gouverneriient de eoii peuple élu, cloiil il \cul. (Mre lui-même le législateur. Voilà ce qui est marqué par l'époque delà loi écrite.
Après, on voit le voyage continué dans le désert; les révoltes , les idolâtries , les châtiments , les consolations du peuple de Dieu, que ce législateur tout-puissant forme peu à peu par ce moyen; le sacre d'Éléazar , souverain pontii'e, et la mort de son père Aaron (av. J.-C. 1 i-52); le zèle de Phinéès, lits d'Eléazar, et le sacerdoce assuré à ses descendants par une promesse particulière.
Durant ces temps , les Égyptiens continuent rétablissement de leurs colonies en divers endroits, principalement dans la Grèce, où Danaiis, Égyptien, se fait roi d'Argos, et dépossède les anciens rois venus d'inaclius. A^ers la Tin des voyages du peuple de Dieu dans le désert, on voit commencer les combats, que les prières de Moïse rendent heureux.
Il meurt (av. J.-C. 1451 ), et laisse aux Israélites toute leur histoire, qu'il avait soigneusement digérée dès l'origine du monde jusques au temps de sa mort. Cette histoiie est continuée par l'ordre de Josué et de ses successeurs. On la divisa depuis en plusieurs livres ; et c'est de là que nous sont venus le livre de Josué, le livre des Juges, et les cjuatre livres des Rois. L'histoire que Moïse avait écrite, et où toute la loi était renfermée, fut aussi partagée en cinq livres qu'on appelle Pentaleuque, et qui sont le fondement de la religion. Après la mort de l'homme de Dieu, on îrouve les guerres de Josué (an de J.-C. 1445), la conquête et le partage de la Terre-Sainte, et les rébellions du peuple châtié et rétabli à diverses fois. Là se voient les victoires d'Othoniel, qui le délivre de la tyrannie de Chusan , roi de Mésopotamie (av. J.-C. 1405); et, quatre-vingts ans après, celle d'Aod sur Églon, roi de Moab (av. J.-C. 1325).
Environ ce temps, Pélops, Phrygien, fils de Tantale, refîne dans le Péloponèse, et donne son nom à cette fameuse
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contrée (av. J.-C. 1322). Bel, roi des Chaldéens, reçoit de CCS peuples les honneurs divins. Les Israélites ingrats retombent dans la servitude. Jabin, roi de Chanaan , les assujétit (av. J.-C. 1305); mais Débora la prophétesse, qui jugeait le jjeuple, et Barac, fils d'Abinoem, défont Cisara, général des années de ce roi (av. J.-C. 1283). Quarante ans ajirès , Gédéon, victorieux sans combattre, poursuit et abat les iMadianites ( av. J.-C. 1 2io ). Abimelecli, son fils, usurpe l'autorité, par le meurtre de ses frères (av. J.-C. 1236), lexerce t\ ranni(]uement, et la perd enfin avec la vie. Jephté ensanglante sa victoire (av. J.-C. 1187) par un sacrifice qui ne [)eut être excusé que par un ordre secret de Dieu , sur lequel il ne lui a i)as plu de nous rien faire connaître. Durant ce siècle , il arrive des choses très-considérables parmi les Cenlils. Car, en suivant la supputation d'Héiodote ', (jui l)arait la plus exacte, il faut placer en ces temps, ol4 ans devant Rome, et du temps de Débora, Ninus, fils de Bel, et la fondation du premier empire des Assyriens (av. J.-C. 1267). Le siège en fut établi à Ninive, ville ancienne et déjà célèbre ' , juais ornée et illustrée par Xinus. Ceux qui donnent 1 300 ans aux premiers Assyriens ont leur fondement dans Tanliquilé de la ville; et Hérodote , (jui ne leur en donne (]ue o20, ne parle que de la durée de Tempire ([u'ils ont commencé sous Ninus , fils de Bel , à étendre dans la llaul(^-Asie. L'n peu après, et durant le règne de ce conquélant, on doit mettre la fondation ou le renouvellement de Tancienne ville de Tyr, que la na\igation et ses colonies lendent si célèbre ■*. Dans la suite, et quelque temps après Abimelech (av. J.-C. 1252), on trouve les fameux combats d'Hercule, fils d'Amphitryon, et ceux de Thésée, roi d'Athènes, qui ne fit qu'une seule ville des douze bourgs de Cécrops, et donna une meilleure forme au gouvernement
1 Htrod. lil». I. 0. l^'». — - (Wu. x , 11.
' Josue XIX, 2'J. JosCili Aii!i(j. lil). vin, cjip. '2.
(les Alhéiiiens. Durant le temps de Jeplité, pendant qii(3 Sémiraniis, veuve deNinus et tutrice de Ninyas, augmentait l'empire des Assyriens par ses conquêtes, la célèl)re ville de Troie, déjà prise une fois par les Grecs sous Laomédon, son troisième roi, fut réduite en cendie , encore par les Grecs, sous I^iam, lils de Laomédon, après un siège de dix ans(av.J.-C. ]18i).
CINUUIKHE ÉPOQUE.