‹ Discours sur l'histoire universelleChapitre 8 sur 55 · LA PUISE DE T K O 1 E · texte numérisé non relu

LA PUISE DE T K O 1 E

Cette époque de la ruine de Troie (av. J.-C. 1484), airivée environ l'an 308 après la sortie d'Egypte, et M 64 ans après le déluge, est considérable , tant à cause de l'importance d'un si grand événement, célébré par les deux plucî grands poètes de la Grèce et de l'Italie, qu'à cause qu'on peut rapporter à celte date ce qu'il y a de plus remarquable dans les temps appelés fabuleux ou héroïques : fabuleux à cause des fables dont les histoires de ces temps sonteuNclop[)ées ; héroïques, à cause de ceux que les poètes ont appelé les Enfants des dieux et les Héros. Leur vie n'est pas éloignée de cette prise. Car du temps de Laomédon , ().ère de Priam, paraissent tous les héros delà toison d'or, Jason, Hercule, Orphée, ('astor et Poilux, et les autres qui sont connus; et du temps de Piiam même, durant le dernier siège de Troie, on voit les Achille, les Agamemnon, les Mcnélas, les Ulysse, Hector, Sarpédon fils de Jupiter, Énée lils de Vénus, que les Romains reconnaissent pour leur fondateur, et tant d'autres, dont des familles illustres et des nations entières ont fait gloire de descendre. Cette époque est donc propre pour rassembler ce que les temps fabuleux ont de plus certain et de plus beau.

Mais ce qu'on voit dans l'histoire sainte est en toutes façons plus remarquable : la force prodigi(Hise d un Samsun

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(av. J.-C. 1 177), et sa faiblesse élonnanle; Héli, scKiveraiii jioiuile, vénérable par sa i)iété, et iDalheiueiix par le crime de ses enfaiils (av. J.-C. 1 170); Samuel, juge inéprocliable et prophète choisi de Dieu pour sacrer les rois (av. J.-C. 1095); Saiil, premier roi du peuple de Dieu, ses victoires, sa présoiDption à sacrifier sans les prêtres, sa désobéissance mal excusée par le prétexte de la religion, sa réprobation , sa chule funeste.

En ce temps, Codrus, roi d'Athènes, se dévoua à la mort |)our le salut de son peuple, et lui donna la victoire par sa mort. Ses emants Médon et Ailée disputèrent entre eux le royaume. A cette occasion, les Athéniens abolirent la royauté, et déclarèrent Jupiter le seul roi du peuple d'Athènes. Ils créèrent des gouverneurs ou présidents perpétuels, mais sujets à rendre compte de leur administration. Ces magistrats furent appelés archontes : Médon lils de Codrus , fut le premier qui exei-ça cette magistrature, et elle demeura longtemps dans sa famille. Les Athéniens ré[)andirent leurs colonies dans cette partie de TAsie-Mineure qui fut appelée lonie. Les colonies éoliennes se firent à peu près dans le même temps, et toute TAsie-Mineure se remplit de villes grecques. Après Saiil, parait un David (av. J.-C. 1055), cet admirable berger, vainijucurdu lici- Goliath et de tous les enneujis du peuple de Dieu ; grand roi , giand concjuéranl , grand prophète, digne déchanter les merveilles de la toutepuissance divine; homme entia selon le cœur de Dieu, comme il le nomme lui-même , et qui par sa pénitence a fait même tourner son crime à la gloire de son créateur (av. J.-C. 1034). A ce })ieux guenier succéda son tils Salomon (av. J.-C. 101 i), sage, juste, pacifi(|ue, dont les mains pures de sang furent jugées dignes de l)àtir le temple de Dieu (av. J.-C.'l0I^2).

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