‹ Discours sur l'historie universelleChapitre 1 sur 89 · ET SUR LES CORRECTIONS ET ADDITIONS · texte numérisé non relu

ET SUR LES CORRECTIONS ET ADDITIONS

QUE l'auteur T A FAITES '.

Le Discours sur l'Histoire universelle fut, publié dans les premiers mois de i68i, à Paris, chez Sébastien Mctbre-Cramoisy, en un vol. in-4^ de 56i pages. Le privilège du roi, pour l'impression, daté du ii février 1681, est accordé pour quinze ans. Cette édition, ornée de vignettes en taille-douce au commencement et à la fin du livre , est fort bien exécutée. On la contrefit en Hollande^ la même année.

' Cette notice est tirée de l'édition des OEuvres complètes de Bossue t; VersaiUes, i8i5 à 1819; 43 vol. in-8°.

* L'édition que j'ai sous les yeux est assez bien imprimée, en un vol. in- 12 de ^5i pages. Le frontispice ne porte le nom ni de la ville ni dii* libraire, mais seulement : Suivant la copie imprimée à Paris, chez Sébastien Mabre-Cramoisy, etc.

Bossuet avoit envoyé son livre, dès le mois de mai 1681, à M. de Neercassel, évéque de Castorie, vicaire apostolique en Hollande. Ce prélat f en remercia dans une lettre datée du 2 1 août , et l'instruisit que -

ij NOTICE,

La seconde édition, qui n'est qu'une réimpression ^ de la première , avec qudques corrections , parut en i68a, chez le même libraire, en un vol. in- 12 de 639 pages. On a mis à la première ^t à la dernière page, les mêmes vignettes réduites, qu'àPédition in«4°- Il se trouve des exemplaires de cette édition qui portent la date de 1691, chez Le Roulland; mais le frontispice seul est changé.

Le même RouUand obtint, le 2 septembre 169$, un nouveau privilège pour six ans, à compter du jour de la réimpression. La troisième édition, faite en vertu de ce privilège, fut mise au jour à la fin de mars 1700*, en un vol. in- 12 de 607 pages. On lit au

les libraires de ce pap se disposoient à l'imprimer. Âa mois de septembre, Bossuet envoya à M. de Neercassel un errata, afin qa'on en fît usage dans Fédidon projetée , en recommandant toutefois de ne pas Caire connoltre que les corrections venokent de loi. Dans une nauvellé lettre du a3 novembre suivant, l'évéque de Castorie marque qu'on avoit déjà imprime le Discours sur VHistoire universelle en deux endroits à-la-fois, à Amsterdam et à La Haye. Verrata envoyé par Bossuet arriva sans doute trop tard; car on ne s'en est point servi dans l'édition citée plus haut, et que je conjecture être celle d^Amsteidan.

* Lenglet-Dufresnoy, dans le Catalogue des Historiens qu'il a mis ù la fin de sa Méthode pour étiuUer l'Histoire , donne cette édition comme étant de 1695. Il aura pu être induit en erreur par la date du privilège : mais ce qui rend incontestable l'époque de la publication de oetic troisième édition , c'est ce qu'on lit à la suite du privilège , et k quoi il n'aura pas fait attention : « Achevé de réimprimer pour la première fois, de- « puis l'obtention du dernier privilège , le ao du mois de mars 1 700. ■ Des exemplaires de cette même édition , au lieu de Chez BoulUmd, 1700, portent Chtx Michel David, 1703. Il n'y a de différent que le frou«* tispicc.

NOTICE. iij

froDtisf^icé : Troisième édition, revue par l'Auteur, La vignette de la première page a été seule conservée.

Cette édition est la dernière qui ait ^té donnée du vivant de Bossuet , et qu'il ait revue. Elle diifère des précédentes en ce que la seconde partie , qui n'a que treize chapitres dans les deux premières éditions, est divisée en trente chapitres dans la troisième. Le dernier chapitre de l'ouvrage a été aussi partagé en deux; ce qui donne huit chapitres à la troisième partie, au lieu de sept qu'elle avoit auparavant. L'auteur, en revoyant son livre, y corrigea plusieurs fautes de dates et de citations, retoucha le style en divers endroits, et y fit beaucoup d'additions, principalement sur l'inspiration des livres saints. On a suivi cette édition dans la collection de ses Œuvres, Paris , 1 743 et 1 748 , in-4°, et dans les éditions faites séparément du Discours sur PHistoire universelle , depuis 1707 jusqu'en 1741* Maie, en 1753, les libraires de Paris qui avoient le privilège de cet ouvrage, au lieu de continuer à le réimprimer d'après l'édition de 1700, reprirent celle de 1681, et ont persisté' à là suivre jusqu'à présent. Les éditions de Didot pour l'éducation du Dauphin; celle que le même imprimeur a publiée en 18 14 parmi les meilleurs ouvrages de la langue françoise, et autres imprimées avec tant de luxe , ne sont pareillement que des copies de la première édition, et on y a omis les additions et les corrections faites par Bossuet dans la troisième.

Mais l'abbé Ledieu, son secrétaire, nous apprend

iv NOTICE.

que dans les dernières années de sa vie, Févéque de Meaux ne cessoit de revoir son ouvrage. Le frait de ce dernier travail est un grand nombre d'additions importantes, qu'on a entièrement écrites de sa main, et dont le but est de mettre dans un nouveau jour les preuves de l'authenticité des livres saints, et. la liaison qu'ont entre eux l'ancien et le nouveau Testament. Le morceau le plus considérable est un chapitre entier, le xxix' de la seconde partie, ayant pour titre : Moyen facile de remonter à la source de la religion y et den trour ver la vérité datis son principe.

Ces fragments étoiént restés, jusqu'à nos jours, ensevelis dans un profond oubli. Ik furent imprimés pour la première fois, sous le titre assez impropre de Variantes f et confondus avec les additions faites en 1700, à la fin de Tédition stéréotype d'Herhan, en 4 ^ol. in-i8, Paris, 1806 \ On annonce, dans,

* Le même imprimeur publia la même année, en i vol. in-i8, une Continuation du Discours sur l'Histoire universeUe, quil donna comme l'ouvrage de Bossuet. C'est une iaAAe chronologique qui conunence au eouronnement de l'empereur Cbarlemagne et finit en 1661. 11 est Trai que Bossuet avoit rédigé , en tout ou en partie, cet abrégé, d'histoire. Les manuscrits qui ont servi à l'impression , et où Ton voit des pages entières et plusieurs corrections de sa main, ne permettent pas d'en douter. Mais il faut avouer aussi que ce n'est qu'un canevas informe , sur lequel le savant prélat se proposoit de travailler quand il en auroit le temps, et qu'il ne l'auroit jamais donné au public dans l'état où il est resté. -

Nous n'avons pas osé mettre cette Continuation k la suite du Discours sur l'Histoire universelle. On nous auroit reproché , avec raison , d'avoir placé un squelette auprès d'un corps plein de vie, de force, et de î»race.

NOTICE. i V

r Avertissement, que l'ouvrage est «enrichi de Fait riantes que les anciens éditeurs avoîent déjà ' puce bliées dans différentes éditions, notamment dans «les collections des OEuvres de Bdssuet, imprimées « en 1743 et 1748»; et l'on reprend M. Didot l'aîné d'avoir « supprimé [ces Fanantes ,, soit parcequ'il ne « connoissoit pas l'existence des. manuscrits , soit «parceque ces Fanantes nécessitoient dans l'ancien « texte des retranchements importants. »

Mais ce sont autant d'assertions g;ratuites.

i*^ Le plus léger examen démontrera, comme on l'a dit ci-dessus, que dans les collections de 1743 et de 1748, ainsi que dans les éditions séparées du Discours sur PHistoire universelle^ on s'est borné à copier tantôt la première, tantôt la troisième édition.

2® . M.-Didot n'eût pu avoir connoissance des additions nouvelles qu'autant que lr;s Bénédictins, éditeurs de Bossuet, lui auroient communiqué ses manuscrits; dont ils étoient dépositaires : ce qui n'a pas eu lieu. On pourroit reprendre , à plus juste titre , ce célèbre impirimeur de ne s'être pas attaché à suivre la dernière édition donnée par l'auteur*, c'est-à-dire celle

* • Nous ne pouvons concevoir le motif qui a porté M. Didot à agir directement contre les vues de l'aoteur, en rejetant au bas des pages /dans ses dernières éditions, les années que Bossuet avoit placées exprès à la marge, dans la première partie de son Discours, pour accoutumer, dit-il , l'esprit à mettre les événements dans leur place selon l'ordre dès temps. On a d'autant plus lieu d'en être étonné, que. même dans l'édition in-i8 pour l'éducation du Dauphin , il avoit suivi l'ordre accoutumé , en mettant ces années à la marge. Mais nous lui rendons cette justice

Page 1