VII. FONDATION DE ROME
de Phul, aucun de ses successeurs, parceque leur histoire n'a rien de commun avec celle dn peuple de Dieu. Pour les seconds Assyriens, la plupart des Grecs ou les ont entièrement ignorés, ou, pour ne les avoir pas ass^ez connus, ils les ont confondus avec les premiers.
Quand donc on objectera ceux des auteurs grecs qui arrangent à leur fantaisie les trois premières monarchies , et 'qui font succéder les Médes à Fancien empire d'Assyrie , sans parler du nouveau que l'Écriture fait voir si puissant, il nY a qu'à répondre qu'ils n^ont point c6nnil cette partie de l'histoire, et qu'ils ne sont p^s moins contraires aUx pins curieux et aux mieux instruits des auteurs de leur nation, qu'à l'Écriture.
Et, ce qui tranche en un mot toute la difficulté, les auteurs sacrés, plus voisins, par les temps et par les lieux, des royamues d'Orient , écrivant d'ailleurs l'histoire d'un peuple dont les affaires sont si mêlées avec celles de ces grands empires , quand ils n'auroient que cet avantage , pourroient faire taire les Grecs , et les Latins qui les ont suivis. '
Si toutefois on s'obstine à soutenir cet ordre célèbre des trois premières monarchies, et que, pour garder aux Médes seuls le second rang
qui leur est donné, on veuille leur assujettir les rois de Babylone, en avouant toutefois qa^a près environ cent ans de sujétion, ceux-ci se sont affranchis par une révolte, on sauve en quelque façon la suite de Thistoire sainte, mais on ne s'accorde guère avec les meilleurs historiens profanes , auxquels l'histoire sainte est plus favorable en ce qu'elle unit toujours Fempire des Médes à celui des Perses.
11 reste encore à vous découvrir une des causes de lobscurité de ces anciennes histoires. C'est que comme les rois d'Orient prenoient plusieurs noms, ou si vous voulez plusieurs titres, qui ensuite leur tenoient lieu de nom' propre , et cjue les peuples les traduisoient ou les prononçoient différemment, selon les divers idiomes de cha que langue ; des histoires si anciennes , dont il reste si peu de bons mémoires, ont dû être par là fort obscurcies. La confusion des noms en aura sans doute beaucoup mis dans les choses mêmes , et dans les personnes ; et de là vient la peine qu'on a de situer dans Thistoire grecque les rois qui ont eu le nom d'Assuérus, autant inconnu aux Grecs que connu aux Orientaux,
Qui croiroit en effet que Cyaxare fût le même nom qu'Assuérus, composé du mot Ky, c'est-à- (.lire seigneur, et du mot .^.r are, qui revient
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manifestement à Axuérus ou Assuérus? Trois ou quatre princes ont porté ce nom, quoiqu'ils en eussent encore d'autres. Ainsi , il n'y a nul doute que Darius le Méde ne puisse avoir été un As-^ suérus ou Gyaxare : et tout cadre à lui donner un de ces deux noms. Si on* n'étoit averti que Nabuchodonosor, Nabucodrosor , et Nabocolassar, ne sont que le même nom, ou que le nom du même homme, on auroit peine à le croire ; et cependant la chose est certaine. C'est un nom tiré de Nabo , un des dieux que Baby-r lone adoroit, et qu'on inséroit dans les no^ls des rois en différentes manières. Sargon** est Sennachérib ; Ozias est Avarias ; Sédécias est Mathanias; Joachas s'appeloit aussi Sellmn: on croit que Soiis ou Sua est le même que Sabacon , roi d'Ethiopie : Asaraddon***, qu'on prononce in* différemment Esar-Haddon ou Asorhaddan, est nommé Asénaphar par les Cuthéens ' : ou croit que Sardanapale est le même que quelques his
* Vah. Ligne 3 : encore d'autres. Ainsi il n'y a nul doute... ces deux noms. Si on, etc. Premi&re édition : Encore d'autres, si on, etc.
** V\R. Ligne lo : est certaine. C'est un nom... Sargon, etc. Premièie édition: est certaine. Sargon, etc.
*** Var. Ligne i5 : Sellum: on croit... d'Ethiopie: Asaraddon, etc. Première ^</ttion : Sellum : Asaraddon, etc.
' /. E$dr. IV. a, 10»
6o PREMIÈRE PARTIE. LES ÉPOQUES.
toriens ont nommé Sarac; et, par mie bizarrerie dont on ne sait point loriginc, ce même roi se trouve nommé par les Grecs Tonos^oncoléros. Nous aVons déjà remarqué que Sardânapale étoit vraisemblablement Sardan , fils de Phul ou Pul. Mais qui sait si ce Pul ou Pbul , dont il est parlé dans l'histoire sainte ' , n'est pas le même que Phalasar? Car une des manières de varier ces noms étoit de les abréger, deles alonger, de les terminer en diverses inflexions, selon le génie des langues. Ainsi Teglath-Hialasar, c'est-à-dire Teglath, fils de Phalasar, pourroit être un des fils de Phul, qui, plus vigourenx que son frère Sardanapale, aaroît conservé une partie de Tempire qu^on auroit ôté à sa maison. On pourroit faire une longue liste* des Orientaux dont chacun a eu dans les histoires plusieurs noms différents : mais il suffit d'être instruit en général de cette coutume. Elle n'est pas inconnue aux Latins, paVmi lesquels les titres et les adoptions ont multiplié les noms en tant de sortes. Ainsi le titre d'Au-
' IF. Reg. xv. 19. /. Paralip. v. 26.
* Va». Page 69, ligne 19: les Culhéens: on croit que.... une lon^ruc liste, etc. Première l'dition : Les Cutlicens; et par une bizarrerie dont on ne sait point l'origine, Sardanapale se trouve nommé par les Grecs Tonos-Concoléros. On pourvoit faire une grande liste, etc.