‹ Discours sur l'historie universelleChapitre 36 sur 89 · VIII. LES JUIFS RÉTABLIS. 91 ^^J · texte numérisé non relu

VIII. LES JUIFS RÉTABLIS. 91 ^^J

. » - . • • ^ Y • Rome. J. C.

Tdisins ne tinrent pas : ainsi tons les anciens peuples dltalie furent subjugués. Les Gaulois souvent battus n osoient remuer.

Après quatre cent quatre-vingts ans de guerre, lesRomains se virent les maîtres en Italie, et commencèrent à regarder les affaires du dehors ' : ils entrèrent en jalousie contre les Carthaginois, trop puissants dans leur voisinage par les conquêtes qu'ils faisoient dans la Sicile, d'où ils venoient d'entreprendre sur eux et sur l'ItaUe , en secourant les Tarentins.

La république de Garthage tenoit les deux côtes de la mer Méditerranée. Outre celle d'Afrique, qu'elle possédoit presque tout* entière, elle s'étoit étendue du côté d^Espagûe par le détroit. Maîtresse de la mer et du commerce , elle avoit envahi les îles de Corse et de Sardaigne. La Sicile avoit peine à se défendre ; et l'Italie étoit menacée de trop près pour ne pas craindre. De là les guerres puniques , malgré les 4oo 264 traités, mal observés de part et d autre.

lia première apprit aux Romains à combattre sur la mer. Ils furent maîtres d'abord dans un 494 260 art qu ils ne connoissoient pas ; et le consul Duilius, qui donna la première bataille navale, la gagna. Régulus soutint cette gloire, et aborda

' Pofyb. lib. I , c. 1 3 ; lib. 11 , r. i .

^le* de"v. 9^ PREMIÈRE PARTIE. LES ÉPOC^ES.

en Afrique, OÙ il eut à combattre ce prodigieux serpent, contre lequel il fallut employer toute son armée. Tout cède : Carthage, réduite à Textrémité, ne se sauve que par le secours de Xan-

499 a55 tippe , lacédémonien. Le général romain est battu et pris; mais sa prison le rend plus illustre que ses victoires. Renvoyé sur sa parole, pour ménager rechange des prisonniers, il vient soutenir dans le sénat la loi qui ôtoit toute espérance à ceux qui se laissoient prendre, et retourne à une mort assurée. Deux épouvantables naufrages contraignirent les Romains d'abandonner de nouveau lempire de la nier aux Gar> thaginois. La victoire demeura long-temps douteuse entre les deux peuples, et les Romains furent prêts à céder ; mais ils réparèrent leur flotte. Une seule bataille décida, et le consul Lu*

5i3 341 tatiu^s acheva la guerre. Garthage fut obligée à payer tribut, et à quitter, avec la Sicile, toutes les îles qui étoient entre la Sicile et lltalie. Les Romains gagnèrent cette ile tout entière, à la réserve de ce qu y tenoit Hiéron , roi de Syracuse, leur allié '.

Après la guerre achevée , les Carthaginois pensèrent périr par le soulèvement de leur armée. Ils Tavoient composée, selon leur coutume, de

' Polyb. lih. I, c. 62, 63 ; lih. n, c. i.

Vni. LES JUIFS RÉTABLIS. q3 ^'» f°'

•^ de dev.

ti^oupes étrangères, qui se révoltèrent pour leur ^°"**' ^* ^ paie; Leur cruelle domination fit joindre à ces ti*oupes mutinées presque toutes les villes de leur empire ; et Carthage, étroitement assiégée, étoit perdue sans Amilcar, surnommé Barcas.

Lui senl avoit soutenu la dernière guerre. Ses citoyens lui durent encore la victoire qu'ils rem* portèrent sur les rebelles : il leur en coûta la Sar* 5 1 6 33S daigne ) que la révolte de leur gamîscm ouvrit aux Romains '. De peur de s'embarrasser avec eux dans une nouvelle querelle , Carthage céda ma%ré elle une île si importante, et augmenta son Iribut. EUe songeoit à rétablir en Espagne son empire ébranlé parla révolte : Amilcar passa 5^4 23o dans cette province, avec son fils Annibal, âgé de neuf ans, et y mourut dans une bataille. Durant neitf ans qu'il y fit la guerre , avec autant d'adresse que de valeur, son fils se ibrmoit sous un si grand capitaine, et tout ensemble il con cevoit une haine implacable contre les Romains. Son allié Asdrubal fut donné pour successeur à «on père. Il gouverna sa province avec beaucoup de prudence , et y bâtit Carthage la Neuve, qui tenoit l'Espagne en sujétion.

Les Romains étoient occupés dans la guerre contre Teuta, reine d'Illyrie, qui exerçoit im*-

Pofyb, lib. I, c. 79, 83, 88.

d^ dcv* 9^ PREMIÈRE PARTIE. LES ÉPOQUES.

punément la piraterie sur toute la côte. Enflée du butin qu elle faisoit sur les Grecs et sur les Épirotes., elle méprisa les Romains, et tua leur 5a5 339 and)assadeur. Elle fut bientôt accablée : les Ro- 5a6 328 mains ne lui laissèrent qu une petite partie de riUyrie, et gagnèrent File de Gorfou , que cette reine avoit usurpée. Ils se firent alors respecter en Grèce par une solennelle ambassade, et ce fut la première fois qu on y connut «leur puissance. Les grands progrès d'Asdrubal leur don* noient de la jalousie ; mais les Gaulois dltalie les empéchoient de pourvoir aux affaires de TEspagne '^ Q y avoit quarante-cinq ans qu'ils demeuroient en repos. La jeunesse qui s etoit élevée durant ce temps, ne songeoit plus aux pertes passées, et commençoit à menacer Rome ^. Les Romains , pour attaquer avec sûi'eté de si turbulents voisins, s assurèrent des Carthaginois. Le traité fut conclu avec Asdrubal, qui^ promit de ne passer point au-delà de FÉbre.

53o 334 La guerre entre les Romains et les Gaulois se fit avec fureur de part et d'autre : les Transalpins se joignirent aux Cisalpins : tous furent bat* tus. Concolitanus , un des rois gaulois, fut pris dans la bataille : Anéroestiis , un autre roi , se tua lui-même. Les Romains victorieux passèrent

* PoM. lib. II, c. 12., 22. — ' Polyb. iih. ii, c. rii.

VIIK LES JUIFS BÉTABUS. q5 ^»« f "

^ de dev.

le Pô pour la première fois , résolus d'ôter aux ^*'™** ^' ^' Gaulois les environs de ce fleuve, dont ils étoient en possession depuis tant de siècles. La victoire les suivit par-tout : Milan fut pris ; presque tout le pays fut assujetti.

En ce temps Asdrubal mourut; et Annibal, 534 220 ^uoiqu'U n'eût encore que. vingt-cinq ans, fut mis à sa place. Dès^-lors on prévit la guerre. Le nouveau gouverneur entreprit ouvertement de dompter TEspagne , sans aucun respect des trai- 535 219 tés. liome alors écouta les plaintes de Sagonte, son alliée. Les ambassadeurs romains vont à Carthage. Les Carthaginois rétablis n'étoient plus d'humeur à céder. La Sicile ravie de leurs mains, la Sardaigne injustement enlevée, et le tribut augmenté , leur tenoient au cœur. Ainsi la faction qui vouloit qu on abandonnât Ânnibaf, se trouva foible.

Ce général songeoit à tout. De secrètes ambassades l'avoient assuré des Gaulois d'Italie, qui , n'étant plus en état de rien entreprendre par leurs propres forces, embrassèrent cette occasion de se relever. Ânnibal traverse l'Èbre, les Pyrénées, toute la Gaule transalpine, les Alpes, et tombe comme en un moment sur l'Italie. Les Gaulois ne manquent point de fortifier son armée , et font un dernier effort pour

de fioiDC. J. C,

^ g6 PREMIERE PARTIE. LES ÉPOQUES.

leu* Uierté. Quatre bataBles perdaes femt croire 536 31 8 que Rome allait tonber. La Sicile prend le 53; ai; parti du vainqueur. IiiÀ*onyine, roi de Syra-

538 ai6 cuse, 9e déclare contre les Romains: presque

539 3i5 toute ritalie les abandonne; et la dernière res- H^ 319 sotiroe de la répoUicpie sasible périr ^1 Espagne avec les deux Scipions. Dans de te8es extrétmtés, Rome d«iC son iMilut à trois grands hommes. La oonsftancede Fabius Maaûmus , qui , se mettant auniessus des bruits populaires, hà^ soit la guerre en retraite, fut un remp^art à sa

540 214 patrie. Marc^us, qui fit lever le siège de Noie, 54a ai 2 et prit Syracuse, domioit vigueur aux troupes

par ses actions. Mats Rome, qui admiroit-ces deux grands hommes, crut voir dans le jeune Scipion quelque chose de plus grand. Les merveilleux succès de ses conseils coaimièrent Topinion qull étoît de race divine, et qu'il con-

543 au versok avec ies dieux. A Tàge de vingt--qnatre

ans, il entreprend d'aHer en Espagne, où son pèl^ et «ou onde vetioient de périr; il attaque

544 210 Garthage la Neuve, <?omme s'fl eût agi par in-

s[»ration, et ses soldats remportent d'abord.

Tous -ceux qui le voient sont gagnés au peuple

fxmiain ; les Cardbaginois lui quittent l'Espagne ;

548 206 à son abord en Afric[ue, les rois se donnent à

5fïi ao3 lui ; Garthage tremblé à son tour, et voit ses ar^

Vm, im JUIFS RÉTABLIS. 97 ^« ^*

mées dé&ites; Anuibal, victorieux durant s^ize ^V^' ^ ^' ans<, est vamement rappelé, et ne peut défeqdre sa pairie; Scipion y dopne la loi} le nom d'Africain ç$t sa récompense.; le peuple romain, ayunt abattu les Gaulois et les Africains, ne voit plus rien ^ craindre, et combat doréna^ vapt sans péril.

Au iiulicu d^ la première giierre pujaique, Théodote, gouverneur de la Bactriennc, enileva mille villes à Antiochus, appelé le Dieu, 5o4 sS» JBIs d'Antiochus Soter, roi de Syrie, Presque tout l'Orient suivit cet exemple, lies Parthes se révoltèrent sous la conduite d'Ar^ace, chef de la maison d?s Ar^acides, et fondateur d'un empare qui s'étendit peu-àrpeu danjs toute la h^v^e Asie.

jLçs rois de Syrie et ceux d'Egypte, açbamés les uns contre les autres, ne songeoient qu'à se ruiper mutuellement, ou par la force, ou par la fraude. Damas et son territoire, qu'on appeloit |a Gcelé-Syrie, ou la Syrie-Basse*, et qui copfinoit aux deux royaumes, fut le sujet de leu^ gii^erres^ et les affaire^ de l'Asie étoient entièrement séparées de celles de l'Europe.

Durant tous ces temps, la philosophie (lorissoit d^B la Grèce. La secte des philosophes

* Var. P.remièrf édUion : la<!œlé-Syrie, ^qui, «tp.

itatiques, et celle des ioniques , la rempUssoienI: de grands hommes , parmi lesquels il se mêla beaucoup d extravagants, à qui la Grèce curieuse ne laissa pas de donner le nom^tei^illosophes. Du temps de Cyrus et de Cambyse, Pythagore commença la secte italique dans la Grande-Grèce , aux environs de Naples. A peu près dans le même temps, Thaïes, milésien, forma la secte ionique. De là sont sortis ces grands philosophes, Heraclite, Démocrite, Empédocle, Parménides; Ânaxagore, qui, un peu avant la guerre du Péloponèse , fit voir le monde construit par un esprit étemel; Socrate, qui, un peu après, ramena la philosophie à Tétude des bonnes mœurs, et fut le père de la philosophie morale; Platon, son disciple, chef de Tacadémie; Aristote, disciple de Platon, et précepteur d'Alexandre, chef des péripatéticiens; sous les successeurs d'Alexandre , Zenon , nommé Cittien, d'une ville de l'île de Chypre, où il étoit né, chef des stoïciens; et Épicure, athénien, chef des phUosophes qui portent son nom , si toutefois on peut nommer philosophes ceux qui nioient ouvertement la Providence, et qui, ignorant ce que c'est que le devoir, définissoient la vertu par le plaisir. On peut compter parmi les plus grands philosophes Hippocrate, le pèr«

VIIL LES JUIFlS RÉTABLIS. 99

de la médecine , qui éclata au miUeu des autres dans ces heureux temps dé la Grèce. Les Romains avoient dans le même temps une autre espèce de philosophie , qui ne consistoit point en disputes, ni en discours, mais dans la frugar lité, dans la pauvreté, dans les travaux de la vie rustique, et dans ceux de la guerre, où ils fais.oient leur gloire de celle de leur patrie et du. nom romain : ce qui les rendit enfin maîtres 4e ritçjie et de Carthage,

JSEUTIÈMJE ÉPOQUE.

ScipioUy ou Carthage vaincue.

L'an 552 de la fondation de Rome, environ Ant Aas

de dicv.

2 5o ans après celle * de la monarchie des Perses , Rome. j. c.

^t 202 ans avant Jésus-Christ , Carthage fut as- ^ ^^^

sujettie aux Romains. Annibal ne laissoit pas

sous main de leur susciter des ennemis par-tout

où il pouvoit: mais il ne fit qu'entraîner tous

ses amis, anciens et nouveaux, dans la ruine

de sa patrie et dans la sienne. Par les victoires

du consul Elaminius, Philippe, roi de Macé- 556 198

doiné, allié dès Carthaginois, fut abattil^^les 558 496

rois de Macédoine réduits à l'étroit , et la Grèce

* VàR. Première édition : après la fondation de la monar? • chie.

An» An. g^^ PRKBUÈRS PAKTIE. LES ÉTOQCES.

«le dev.

^'^^' ^- ^" aflrandiie dé lenr joug. Les Romaiiis entr&-< prirent de faire périr Aimibal, qu'ib troavoient

)59 195 encore redoutable après sa perte. Ce grand capitaine, réduit à se sauver de son pays, remua rOrient contre eux, et attira leurs armes en

56i 193 Asie. Par ses puissants raisonnements , Antiochus, surnommé le Orimd, roi de Syrie, devint jaloux de leur puissance, et leur fit la guerre: mais il ne suivit pas, en la faisant, les cons^k d^Annibal, qui Ty avoit engagé. Battu par mer et par terre, il reçut la loi que lui imposa le con sul Lucius Scipio , frère de Scipion l'Africain, et il fut renfermé da^s le mont Taunis. Annibal,

572 183 réfugié chez Prusias, roi de Bithynle, échappa aux Romains par le poison. Us sont redoutés par toute h. terre , et ne veulent plus souffrir d'anti*e puissance que la leur. Les rois étoient oUi^ de leur donner leurs ^ants pour otage de leur foi. Antiochus, depuis appelé Tlttustre ou Épiphanes, second fils d'Antiocfaus-le-Grand , roi de Syrie, demeura long-temps à Rome en cette

r»78 176 qualité: mais sur la fin du régne de Séleucus Philopator, son frère aîné, il fut rendu; et les Romains voulurent avoir à sa place Démétrius Soter, fils dû roi , alors âgé de dix ans. Dans ce

"îTQ «75 contre-temps, Séleucus mourut, et Antiochus usurpa le royaume sur son neveu. Les Romains

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