‹ Discours sur l'historie universelleChapitre 35 sur 89 · VIII. LES JUIFS RÉTABUS · texte numérisé non relu

VIII. LES JUIFS RÉTABUS

de dev.

séiuâ^ et ne médita rifcn moins que la ruine des *^'*"* ''* ^ Perses, contre lesquels il fut déclaré capitaine- 417 337 général. Mais leur perte étoit réserv Va Alexan- 4,8 336 dre. Au milieu des solennités d'un nouveau mariage , Philippe fut assassiné par Pausanias , jeune homme de bonne maison, à qui il n'avoit pas rendu justice. L'euneuque Bagoas tua, dans la même année, Arsès, roi dé Perse, et fit régner à sa place Darius, fils d'Arsame, surnommé Codomanus. Il mérite, par sa valeur,. qu'on se range à l'opinion, d'ailleurs la plus vraisemblable , qui le fait sortir de la famille royale.

Ainsi deux rois courageux commencèrent ensemble leur régne, Darius., fils d'Arsame, et Alexandre , fils de PhiUppe. Ils se regardôient d'un œil jaloux, et sembloient nés pour se disputer l'empire du monde. Mais Alexandre voulut s'affermir avant que d'entreprendre, son rival. Il vengea la mort de son père ; il dompta les peuples rebelles qui méprisoient sa jeunesse; il battit les Grecs, qui tentèrent vainement de secouer le joug ; et ruina Thèbes , où il n'épar- 419 335 gna que la maison et les descendants de Pindare , dont la Grèce admiroit les Odes, Puissant et victorieux , il marche, après tant d exploits, 4^o 334 à la tête des Grecs, contre Darius, qu'il défait 421 333 en trois batailles rangées, entre triomphant 4^3 33 r

de

der.

Bouc.

dans Babylone et dans Sifte, détruit Persép<^, ancien si^e des rois de Perse, pousse ses eon* quêtes julp'aux Indes, et vient mourir à Baby* lone, âgé de trente-trois ans.

431 333 De son temps Manassès, frère de Jaddms, souveram pontife, excita des brouilleries parmi les Juifs. Il avoit épousé la fille de Sanaballat, samaritain, que Darius avoit fait satrape de ce pays. Mutôt que de répudier cette étrangère, à que» le cottsed de Jérusalem et son firère Jad* dus vottloient Tobliger, il embrassa le schisme des Samaritains. Plusieurs Juifs, pour éviter de pareilles censures, se joignin^t à lui. Dès-lors il résolut de bâtir un temple près de Samarie, sur. la montagne de Garizim , que les Samaritains croyoient bénite, et de s en faire le pon-* tife. Son beau-père, très accrédité auprès de Darius, lassura de la protection de ce prince,

42a 333 et les suites lui furent encore plus favorables. Alexandre s'éleva : Sanaballat quitta son nu^i^e, et mena des troupes au victorieux, durant le siège de Tyr. Ainsi il obtint tout ce qu'il voulut; le temple de Garizim fut bâti , et Tambition de Manassès fot satisfaite. Les Juifs, cependant, toujours fidèles aux Perses , refusèrent à Alexandre le secours qull leur demandoit. Il alloit à Jérusalem, résolu de se venger; mais il fut

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(le der.

changé à la vue du souverain pontife, ^pii vint **'"^" ^ au-devant de lui avec les sacrificateurs revêtus de leurs habits de cérémonie , et précédés de tout le peuple babillé de blanc. On lui montra des prophéties qui prédisoient ses victoires : c'étoient celles de Daniel. B accorda aux Juifs toutes leurs demandes, et ils Ini gardèrent la même fidélité qu'ils avoient toujours gardée aux rois de Perse.

Durant ses conquêtes, Rome étoit aux mains 428 à 4^0 avec les Samnites ses voisins, et avoit une peine extrême à les réduire, malgré la valeur et. la conduite de Papîrius Cursor, le jrfus illustre de ses généraux.

Après la mort d'Alexandre , son empire fot partagé. Perdiccas, Ptolomée, fils de Lagus, Antigonus, Séleucus, Lysimaque, Antipater, et son fils Cassander, en un mot, tous ses capi^ 43o 324 taines, nourris dans la guerre sous un si grand conquérant , songèrent à s'en rendre maîtres par les armes : ils immolèrent à leur ambition toute 43o à 445 la famille d'Alexandre, son frère, sa mère, ses femtmes, ses enfants, et jusqu'à ses soeurs : on ne vit que des batailles sanglantes et d'effroyables révolutions.

Au milieu de tant de désordres, plusieurs peuples de l'Asie mineure et du voisinage s'af-

d^ de"* *^ PREMIÈRE PARTIE. LES ÉPOQUES.

franchirent , et formèrent les royaumes de Pont , de Bythinie, et de Pergame. La bonté dû pays les rendit ensuite riches et puissants. L'Arménie secoua aussi dans le même temps le joug des Macédoniens, et devint un grand royaume. Les deux Mithridate^ père et fils, fondèrent celui de Cappadoce. Mais les deux plus puissantes mo^ narchies qui se soient élevées alors, furent celle 43 1 323 d'Egypte, fondée par Ptolomée, fils de Lagus, 442 3i 2 d'où viennent les Lagides ; et celle d'Asie ou de Syrie, fondée p^fr Séleueus, d'où viennent les Séleucides. Celle-ci comprenoit, outre la Syrie, ces vastes et riches provinces de la haute Asie, qui composoient l'empire des Perses : ainsi tout l'Orient reconnut la Grèce, et en apprit le langage.

La Grèce elle-même étoit opprimée parles capitaines d'Alexandre. La Macédoine, son ancien royaume , qui donnoit des maîtres à l'Orient , étoit en proie au premier venu. Les enfants de Gassander se chassèrent les uns les autres de ce royaume. Pyrrhus, roi des Épirotes, qui en avoit occupé une partie, fut chassé par Démétrius Poliorcète, fils d'Antigonus, qu'il chassa aussi à son tour : il est lui-même chassé encore une fois par Lysimaque, et Lysimaque par Séleucus, que Ptolomée Céraunus, chassé d'Egypte

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par son père Ptolomée I, tua en traître malgré V^^' ^^'^ ses bienfaits. Ce perfide n eut pas plus tôt envahi Ta Macédoine , qu'il fut attaqué par les Gaulois, et périt dans un combat qu'il leur donna. Du- 4?^ 279 rant les troubles de l'Orient, ils vinrent dans l'Asie mineure, conduits par leur roi Brennus, et s'établirent dans la Gallo- Grèce ou Galatie, nommée ainsi de leur nom, d'où ils se jetèrent dans la Macédoine qu'ils ravagèrent, et firent trembler toute la Grèce. Mais leur armée périt 476 278 dans l'entreprise sacrilège du temple de Delphes. Cette nation remuoit par-tout, et par-tout elle étoit malheureuse.

Quelques années devant l'affaire de Delphes, 47 1 283 les Gaulois d'Italie, que leurs guerres continuelles et leurs victoires fréquentes rendofent la terreur des Romains , furent excités contre eux par les Samnites, les Brutienâ, et les Étruriens*. Ils remportèrent d'abord une nouvelle victoire, mais ils en souillèrent là gloire en tuant des ambassadeurs. Les Romains indignés marchent contre eux, les défont, entrent dans leurs terres, où ils fondent une colonie, les battent encore deux fois , en assujettissent une pai'^ 47 ^ ^82 tie , et réduisent l'autre à demander la paix.

Après que les Gaulois d'Orient eurent été

* Pofyb. lib. n, cap. 20.

de* d!^ ^^ PREMIÈRE PARTIE. LES ÉPOQUES,

4^7 377 ^^^^^^ ^^ ^^ Grèce, Antigonus Gonatas, fils de Démétrius Poliorcète , qui régnoit depuis douze aus dans la Grèce, mais fort peu paisible, eiA vahit sans peiae la Macédoine. Pyrrhus étoit occupé ailleurs. Chassé de ce royaume, il es*

H ?4 380 péf ^ de contenter son ambition par la concpiête de ritaUe , où il fut appelé par les Tarentins. La bataille que les Romains venoient de gagner sur eux et sur les Sanmites ne leur laissok que

i7^ 379 cette ressource. Il remporta contre les Romains des victoires qui le ruhioient. Les éléphuts de Pyrrhus les étonnèrent ; mais le consul Fabrice fit bientôt voir aux Romains que Pyrrhus pou^ voit être vaincu. Le roi et le consul sembloient se disputer la gloire de la générosité, plus enconi que celle des armes : Pyrrhus rendit au consul tous les prisonniers sans rançon , disant qu'il falloit faire la guerre avec le fer, et non point avec l'argent ; et Fabrice renvoya au roi

476 278 i»on perfide médecin, qui étoit venu lui offrir d empoisonner son maître.

En ces temps, la religion et la nation judaïque commence à éclater parmi les Grecs. Ce peuple, bien traité par les rois de Syrie, vivoit tranquillement selon ses lois. Ântiochus, surnommé le Dieu, petit-fils de Sélcucus, les répandit dans FAsie mineure, d où ils s étendirent

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dam la Grèce, et -jouirent par-tout des mêmes ^**""*' droits et de la même liberté que les autres citoyeûa'. Ptolomée, fils de Lagus, les avoit déjà tètablis eu Egypte. Sous son fils Ptoloméé Phila^ 477 277 delphe, leurs Écritures furent tournées en grec, et on vit paroître cette célèbre version appelée la version des Septante. G etoit de savants vieillards ({u'Éléazar, souverain pontife, envoya au roi C[ui les demandoit. Quelques un$ veulent qu'ils n aient traduit que les cinq livres de la loi. Le reste des livres sacrés pourroit dansJa suite avoir été nais en grec pour Tusage des Juifs répandus dans TÉgypte et dans la Grèce ^, où ils oublièrent non seulement leur ancienne langue, qui étoit l'hébreu, mais encore le chaldéen, quep la captivité leur avoit appris. Us se firent un gi'ec mêlé d'hébraïsmes, qu'on appelle le langage hellénistique : les Septante et tout le nouveau Testament est écrit en ce langage. Durant cette dispersion des Juifs, leur temple fut célèbre par toute la terre, et tous les rois d'Orient y présentoient leurs offi:*àndes.

L'Occident étoit attentif à la guerre des Romains et de Pyrrhus. Enfin ce roi fut défait par 479 275 le consul Curius, et repassa en Épire. Il n'y de-

' Joseph. Ant. iib. xii, e. 3.

» Joseph. Antiq. Iib, i. Ptxyoem. et Iib. xii, c. a.

de* dtl 9^ PREMIÈRE PARTIE. LES ÉPOQUES.

Rome. J. C. , ^ •

meura pas long-temps en repos, et voulut se récompenser sur la Macédoine des mauvais succès dltalie. Antigonus Gonatas fut renfermé

480 374 dans Thessalonique , et contraint d'abandonner à Pyrrhus tout le reste du royaume. Il reprit cœur pendant que Pyrrhus, inquiet et ambi-

482 272 tieux, faisoit la guerre aux Lacédémoniens et aux Argiens. Les deux rois ennemis furent introduits dans Argos, en même temps, par deux cabales contraires et par deux portes différentes. Il se donna dans la ville un graud combat : une mère, qui vit son fis poursuivi par Pyrrhus qu'il avoit blessé, écrasa ce prince d'im ^coup de pierre. Antigonus, défait d'un tel enftemi, rentra dans la Macédoine, qui, après quelques changements , demeura paisible à sa famille. La ligue des Achéens Tempécha de s'accroître. C'étoit le dernier rempart de la libellé de la Grèce, et ce fut elle qui en produisit les derniers héros avec Aratus et Philopœmen.

Les Tarentins, que Pyrrhus entretenoit d espérance, appelèrent les Carthaginois après sa mort. Ce secours leur fut inutile : ils furent battus avec les Brutiens et les Samnites leurs alliés. Ceux-ci, après soixante-douze ans de guerre continuelle, furent forcés à subir le joug des Romains. Tarente les suivit de près : les peuples

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