X. NAISSANCE DE J. C
rasser une chose claire, par des chicanes de chronologie , se défassent de leur inutile subtilité.
Voilà ce qu'il fout savoir pour ne se point embarrasser des autairs profones, et pour entendre autant qu'on en a besoin les antiquités judaïques. Les autres discussions de chronologie sont ici fort peu nécessaires. Qu'il faille mettre de quelques années plus tôt ou plus tard la naissance de notre Seigneur, et ensuite prolonger sa vie un peu plus ou un peu moins , c'est une diversité qui provient autant des incertitudes des années du monde que de celles de Jésus^farist. Et quoi qu'il en soit, un lecteur attentif aura déjà pu reconnoitre qu'eUe ne fait rien à la suite ni à raccompUssmuei:^ des conseils de Dieu. Il faut éviter les anachronismes qui brouillent Tordre des affaires, et laisser les savants disputer des autres.
Quant à ceux qui veulent absolument trouver dffius les histoires profanes les mervdfles de la vie de Jésus<Gfarist et de ses apôtres, auxquels^ le monde ne voidoit pas croire, et qu'au contraire il entreprenoit de combattre de toutes ses forces, comme une chose qui le condamnoit, nous parlerons ailleurs de leur injustice. Nous verrons aussi qu'il se trouve dans les au-
j^^*^ 1 24 PREMIÈRE PARTIE. LES ÉPOQUES.
teurs profanes plus de vérités qu on ne ca^t^ favorables au christianisme; et je donnerai seulement ici pour exemple Téclipse arrivée au crucifiement de notre Seigneur*.
Les ténèbres qui couvrirent tonte la face de la terre en plein midi, et au moment que Jésus Christ fut crucifié \ sont prises pour une éclipse ordinaire par les auteurs païens, qui ont remarqué ce mémorable événement^. Mais les premiers chrétiens, qui en ont parlé aux Romains comme d'un prodi|);e marqué non seulement par leurs auteurs, mais encore par les registres publics ^, ont fait v<»r que ni au temps de la pleine lune où Jésus-Christ étort mort, ni dans toute Tannée où cette éclipse est observée, il ne pouvoit en être arrivé aucune qui ne fàt surnaturelle. Nous avons les propres paroles de Phlégon, affranchi d'Adrien,, citées dans un temps où son livre étoit entre les mains de tout le monde, aussi bien que les histoires syriaques de Thallus qui Ta suivi; et la quatrième année de la deux-cent-deuxième olympiade, marquée
* Vah. Page ia3, iigne 4: Voilà ce qu'il faut savoir... de notre Seigneur. Addition nouvelle.
' Matt XXV. 45. — " Phleg. xni. Ofymp. ThalL Hist. i. — 5 Tertull. Apol. 4- 21. Orig. cent. Gels. lib. 11, n. 33; tom. I, pag. 41 4» ^ Tract, xxxv in Matth. n. i34; tom. m, pag. 95{3. Euseh. et Hieron. in Ghron. Jul. Afric. ibid.