‹ Discours sur l'historie universelleChapitre 46 sur 89 · X. NAISSANCE DE J. C · texte numérisé non relu

X. NAISSANCE DE J. C

de J. L>»

Germanicus, neveu de Tibère, apaisa les armées rebefles , refusa l'empire, battit le fier Arminius, poussa ses conquêtes jusqu'à l'Elbe; et i6 s'étant attiré avec l'amour de tous les peuples la jalousie de son oncle, ce barbare le fit mou- 17 rir ou de chagrin, ou par le poison. A la quin- 19 zième année de Tibère, saint Jean-Baptiste pa- a8 Foît; Jésus-Christ se fait baptiser par ce divin 3o précurseur; le Père étemel reconnoît son Fils bien-aimé par une voix qui vient d'en haut; le Saint-Esprit descend sur le Sauveur, sous la figure pacifique d'une colombe ; toute la Trinité se manifeste. Là commence, avec la soixantedixième semaine de Daniel , la prédication de Jésus -Christ. Cette dernière semaine étoit la plus importante et la plus marquée. Daniel l'avoit séparée des autres, comme la semaine où l'alliance devoit être confirmée, et au milieu de laquelle les anciens sacrifices dévoient perdre leur vertu*. Nous la pouvons appeler la semaine des mystères. Jésus-Christ y établit sa mission et sa doctrine par des miracles innombrables , et ensuite par sa mort. Elle arriva la 33 quatrième année de son ministère , qui fiit aussi la quatrième année de la dernière semaine de Daniel; et cette grande semaine se trouve, de

* Pan. IX. 27.

dej" *^^ PREMIÈRE PARTIE. LES ÉPOQUES.

cette sorte , justement coupée au milieu par cette mort.

Ainsi le compte des semaines est aisé à faire, ou plutôt il est tout fait II n'y a qak ajouter à quatre cent cinquante-trois ans, qui se trouveront depuis Fan 3oo de Rome, et le yingtième d'Artaxerxe, jusqu'au commencement de Tère vulgaire, les trente ans de cette ère quon voit aboutir à la quinzième année de Tibère, et au baptême de notre Seigneur; il se fera de ces deux sommes- quatre cent quatre -vingt --trois ans; des sept ans qui restent encore pour eu achever quatre cent quatre-vingt-dix , le quatrième, qui fait le milieu, est celui où Jésus- Christ est mort ; et tout ce que Daniel a prophétisé est visiblement renfermé dans le terme qu'il s'est prescrit. On n'auroit pas même be* soin de tant de justesse ; et rien ne fprce à prendre dans cette extrême rigueur le milieu marqué par Daniel. Les plus difficiles se contenteroient de le trouver en quelque point que ce fût entre les deux extrémités; ce que je dis, afin que ceux qui croiroient avoir des raisons pour mettre un peu plus haut ou un peu plus bas le commencement d'Artaxerxe, ou la mort de notre Seigneur, ne se gênent pas dans leur calcul; et que ceux qui voudroient tenter d'embar-

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