XI. CONSTANTIN. l53 ^^^°*c
remue ; et Justine ne trouve rien de plus fidèle que le saint évêque , qu elle traitoit de rebelle. Elle l'envoie au tyran , que ses discours ne peuvent fléchir. Le jeune Valentinien est contraint de prendre la fuite avec sa mère. Maxime se rend maître à Rome , où il rétablit les sacrifices des faux dieux , par complaisance pour le sénat presque eacore tout païen. Après qu'il eut oc- 388 cupé tout l'Occident , et dans le temps qu'il se croyoit le plus paisible, Théodose, assisté des Francs, le défit dans la Pannonie, l'assiégea dans Aquilée , et le laissa tuer par ses soldats. Maître absolu des deux empires, il rendit celui d'Occident à Valentinien , qui ne le garda pas long- temps. Ce jeune prince éleva et abaissa %2 trop Arbogaste , un capitaine des Francs , vaillant, désintéressé, mais capable de maintenir par toutes sortes de crimes le pouvoir qu'il s'étoit acquis sur les troupes. Il éleva le tyran Eugène , qui ne savoit que discourir, et tua Valentinien, qui ne vouloit plus avoir pour maître le superbe Franc. Ce coup détestable fut fait dans les Gaules , auprès de Vienne. Saint Ambroise, que le jeune empereur avoit mandé pour recevoir de lui le baptême, déplora sa perte , et espéra bien de son salut. Sa mort ne demeura pas impunie. Un miracle visible donna
j^^J»^ l54 PREMIÈRE PARTIE. LES ÉPOQUES.
la victoire à Théodose sur Eugène , et sur les faux dieux dont ce tyran avoit rétabli le culte.
^9^ Eugène fut pris : il fallut le sacrifier à la vengeance publique , et abattre la rébellion par sa mort. Le fier Arbogaste se tua lui-même , plutôt que d'avoir recours à la clémence du vainqueur, que tout le reste des rebelles venoit d'éprouver. Théodose , seul empereur, fut la joie et l'admiration de tout 1 univers. D appuya la religion; il fit taire les hérétiques ; il abolit les sacrifice^ impurs des païens; il corrigea la mollesse, et
390 réprima les dépenses superflues. Il avoua humblemetit ses fautes, et il en fit pénitence. Il écouta saint Ambroise , célèbre docteur de l'Église, qui le reprenoit de sa colère, seul vice d'un si grand prince. Toujours victorieux, jamais il ne fit la guerre que par nécessité. Il
^^ rendit les peuples heureux , et mourut en paix, plus illustre par sa foi que par ses victoires. 386, 387 De son temps, saint Jérôme, prêtre, retiré dans la sainte grotte de Bethléem, entreprit des travaux immenses pour expliquer l'Écriture, en lut tous les interprètes, déterra toutes les histoires saintes et profanes qui la peuvent éclairdr, et composa, sur l'original hébreu, la version de la Bible que toute l'Église a reçue sous le nom de Vulgate.