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Discours sur l'instruction publique [microforme]

Ce n’est pas sans hésitation que j'ai accepté la tâche de venir causer avec vous ce soir des choses de l’Instruction publique dans la province de Québec; mais je tenais à rendre hommage aux efforts du prêtre dévoué qui est l'âme de votre société et aux succès de jeunes gens que l’on peut citer comme modèles à la classe studieuse de Montréal; car vous êtes de ceux qui comprennent qu’une fois les études collégiales terminées, il n’y a pas à rester les bras croisés, si l’on veut arriver à quelque chose dans le monde |} il faut, au

contraire, redoubler d’efforts pour tirer parti des connaissances acquises dans nos établissements d'éducation.

Mais, l'avouerai-je ? malgré tout le plaisir que je ressens de me trouver en présence d’un auäitoire aussi bienveillant que distingué, je suis loin de croire que je n’ai pas contracté un engagement téméraire. J'avais bien nne idée des difficultés qui entourent un sujet aussi vaste et aussi délicat; mais plus je l'étudie, plus je l’examine sous toutes ses faces, plus je reste confondu devant la grandeur de ma tâche! Pourtant, à la suite de maintes lectures, je me croyais quelque peu familier avec les graves questions de l'éducation qui, de tous temps et chez tous les peuples, ont fait la préoccupation de l’homme publie comme du plus modeste des citoyens.

De ces difficultés surgissant à chaque pas, m'est venue une crainte qui, je l'espère, messieurs, sera le commencement de la sagesse, au cours des remarques que je veux vous présenter,

En effet, c’est en approfondissant ce sujet que tout esprit sincère peut s'expliquer la réserve, la prudence, les hésitations des éducateurs de le jeunesse, quand on les met en face de ces nouveautés que des esprits, souvent bien disposés, mais parfois chagrins, peut-être superficiels, leur présentent de temps à autre comme une panacée capable de guérir tous les maux de l'humanité et de ramener l’âge d’or sur la terre,

Loin de moi donc l'idée de poser en réformateur d’un système d'éducation susceptible, sans doute, de perfectionnement, mais qu'on ne peut regarder comme radicalement défectueux, à moins de déchirer les plus belles pages de notre histoire, de révoquer en doute l'existence de cette phalange d'hommes qui ont illustré notre pays, de jeter dans l’oubli ces luttes mémorables soutenues avec tant de vaillance et de succès par des patriotes formés dans nos maisons d'éducation,

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Est-il possible que ce système d'éducation soit resté étranger au développement de si nobles inteliigences et à l’accomplissement de si grandes actions ? Je ne le crois pas.

Aussi bien ce système d'éducation destiné à sauver une province vaincue, délaissée par la noblesse et le capital, nos pères l'ont préféré tel qu’il est, dans son dénuement, à des institutions royalemr nt dotées par le vainqueur, mais incompatibles avec nos aspirations religieuses et nationales.

Depuis la Conquête jusqu’à l’Union, l'éducation supérieure nous a été donnée par le clergé, par les séminaires de Montréal et de Québec, et par quelques autres collèges classiques fondés par le dévouement et la générosité d’humbles curés de campagne, L'Etat, durant cette époque, ne proposa rien qui fût acceptable à la masse de notre population : bien plus celle-ci eût regardé comme traîtres à la patrie les hommes qui eussent accepté l'or et les conditions des autorités civiles du temps pour établir un mode d'instruction publique dont elle ne voulait pas.

A l'époque critique de notre existence, le clergé, je le constate avec fierté, s’est chargé de l'éducation de notre peuple : c'était son droit, c'était son rôle, et nous lui en devons une reconnaissance inaltérable. Il n’a pas cessé, depuis, de se dévouer à cette grande œuvre, sans vouloir cependant la monopoliser, comme on l’en accuse injustement, Loin de là, l'histoire prouve que le clergé prêta main forte aux hommes d'Etat qui voulurent, malgré la résistance populaire, introduire le système scolaire dont nous jouissons aujourd’hui. C’est encore lui, ne l’oublions donc pas, qui a seconctlé le gouvernement dans la fondation des Ecoles normales, institutions destinées pourtant à recruter le personnel enseignant parmi les laïques.

Un grand homme d'Etat, en France,—et ce n’est pas un bigot celui-là, —a dit un jour : “Toutes les destinées de notre

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avenir sont entre les mains des curés de la campagne et des maîtres d'écoles”, Thiers, ce jour-là, sans s'en douter, répondait à ceux qui aujourd’hui, dans notre pays, parlent avec un suprême dédain de l'éducation donnée par le clergé.

Le clergé est, par la nature même de sa mission, essentiellement éducateur, Je ne dirai point qu’en dehors de lui il n’y a pas de place pour les laïques dans l’enseignement des sciences, des beaux-arts, des connaissances indispensables aux diverses carrières. Mais dès qu'il s’agit d'éducation proprement dite, ou si on le préfère, de la formation du caractère ; dès qu'il s’agit de préparer l’homme aux hautes fonctions de la vie, d'imprimer dans son cœur les nobles impulsions du dévouement, les vraies notions de l’honneur et du devoir, je dis que nulle classe n’est aussi apte que le clergé à s'acquitter de cette tâche.

“ Qu'est-ce, en effet, que l'éducation, s’écrie Dupanloup, quelle est son idée tout à la fois la plus haute et la plus profonde, la plus générale et la plus simple ? Le voici :

“ Cultiver, exercer, développer, fortifier et polir toutes les facultés physiques, intellectuelles, morales et religieuses qui constituent dans l'enfant la nature et la dignité humaine : donner à ces facultés leur parfaite intégrité; les établir dans la plénitude Ge leur puissance et de leur action ;

“ Par là former l’homme et le préparer à servir sa patrie dans les diverses fonctions sociales qu’il sera appelé un jour à remplir, pendant sa vie sur la terre ;

“ Et ainsi, dans une pensée plus haute, préparer l’éternelle vie, en élevant la vie présente.

“ Telle est l’œuvre, telle est le but de l'éducation.

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“ Tel est le devoir d’un père, d’une mère, lorsque Dieu les associant à sa Providence suprême, donne per eux la vie à de nobles créatures et les charge de continuer et d’achever cette tâche toute divine, en couduisant au bonheur, par la vérité et par la vertu, ces enfants qu’il associera lui-même un jour à sa félicité éternelle et à sa gluire.

“ Tel est le devoir des hommes qu’un choix honorable, une vocation supérieure, un dévoûment généreux, associé à l'autorité, à la sollicitude paternelle et maternelle, tolle est la sainte mission des instituteurs de la jeunesse ; et cela partout et toujours chez les nations les plus civilisées et les plus savantes, comme chez les peuples moins éclairés et moins polis.

“ L'éducation ;rivée comme l'éducation publique ; j'-ducation ‘: plus vulgaire aussi bien que l'éducation la plus haute ; l'éducation des filles comme celle des garçons: en un mot, l'éducation humaine n’est qu’à ces conditions et à ce prix. Autrement elle n’est pas. Telle est la loi de la nature et l’ordre imposé par la divine Providence elle-même.”

Voilà bien l’œuvre de l'éducation : œuvre essentiellement religieuse, et qui, par conséquent, ne peut être mieux confiée qu’à des hommes voués par leur état même à ce que ce grand éducateur appelait “ l’apostolat divin dans l'éducation.”

“ La véritable éducation a pour but principalement de former des hommes de bien, des hommes de tête, des hommes de fo d'honneur et de courage, des hommes même de génie, s’il est possible, en un mot, des hommes capables de devenir, au besoin, des hommes de Dieu, des hommes de la Providence.” Or, qui mieux que le prêtre, voué par état même au bien de ses semblables, nous donnera ces hommes ?

L'éducation est l’objet essentiel qu’il faut poursuivre ; l'instruction ne vient que parmi les moyens mis en œuvre pour arriver au but, C’est ainsi que l'ont entendu les éduca-

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teurs des siècles anciens; .c'est ainsi que l’entendaient Montaigne, Féneion, Rollin et Dupanloup ; c’est \insi que l’entendent encore, res miranda ! les auteurs des derniers programmes de l’école française dite progressiste, qui a entrepris la réforme de l’enseignement à tous 3es degrés. Tous veulent commencer par former le caractère, par développer les facultés de l'esprit et du cœur, et fortifier la volonté. Ils ajoutent à cette formation première les ressources de l’instruction, qui peut être classique ou professionnelle, suivant les diverses carrières auxquelles les jeunes gens se destinent, Tous s'accordent également à nous dire qu’il ne s’agit pas, principalement dès le bas âge, de mettre beaucoup de science dans la mémoire des jeunes gens, mais d'y inculquer des principes sains, des notions justes, des impressions vives du beau, du vrai et du bon.

“ Platon, Xénophon, Quintillien, a écrit Jules Simon, ont dit qu’une bonne éducation ne consiste pas à charger la mémoire de l’enfant et à y verser la science comme dans un entonnoir, mais à développer et à discipliner ses facultés,

“ Son éducation est achevée non quand il obéit doucement à une règle imposée, mais quand il connaît bien son devoir et met son bonheur à le remplir; son instruction, non quand il a amassé ure ample quantité d'opinions toutes faites, mais quand il s’est accoutumé à aimer le travail naturellement et rendu capable d’y réussir.

“ Vivre, c’est vouloir, et même, en un sens, penser, c’est vouloir ; élever un enfant, en faire un homme, c’est éclairer et fortifier sa volonté.”

Le même Jules Simon, ancien ministre de l’Instruction publique, et en 1890, président de la ‘“ Commission pour étudier les améliorations à introduire dans le régime de l’Instruction publique et de l’enseignement secondaire,” dit encore : “ L'enseignement secondaire appelle des réformes, on

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le voit, on le sent. L’effondrement de ces dernières années a achevé une démonstration qui était déjà faite pour les clairvoyants... Or, qu'est-ce que réformer les collèges ? C’est substituer l'éducation à l'entraînement ; c’est faire la guerre à cette éducation passive qui déshabitue les enfants de penser en les tenant pendant dix années à écouter, à copier et à réciter.”

Duruy, qui fut longtemps ministre de l’Instruction publique en France, dit un jour une parole qui fut accueillie par un applaudissement universel : “ I] faut faire des hommes et non des bacheliers.”

“Cette éducation, enseigne Jules Simon, en parlant de l'éducation classique donnée en France, ne mérite pas d’être ainsi appelée, abaissée à n’être qu’une préparation, un bourrage qui tend uniquement à faire an élève de Saint-Cyr ou de l'Ecole polytechnique, à gagner tant bien que mal un diplôme de bachelier, qui ne vise que cela, qui sacrifie tout à cet objet, non seulement ne grandit pas l'élève qui réussit, mais elle perd celui qui échoue.” Pourtant, Dieu sait si en France on a bourré les programmes de mille connaissances pratiques que l’on avait crues d’abord indispensables et que maintenant l’on jette aux gties comme bagage inutile, encombrant, même nuisible,

M. Bourgeois, l’un des derniers ministres de l’Instruction publique n’est pas moins explicite, Il parle de l’éducation en France comme le ferait ici le plus modeste de nos supérieurs de collège, à la suite des Rollin et des Dupanloup.

I1 veut modifier l'éducation dans son pays. Et pourtant, la France n’a pas té soumise, que je sache, à l’accaparement des calotins depuis un quart de siècle, Elle jouit d’institutions qu’on peut appeler démocratiques, et les instituteurs de la jeunesse sont tout ce qu’il y a de plus laïques laïcisant, Et M. Bourgeois n’est pas satisfait pourtant ; il exige des réfor-

mes tout comme on pourrait le faire dans le pays le plus arriéré du monde, disons, par exemple, dans la province de Québec, où l’on ne sait à lire, ni parier, ni écrire.

‘ La réforme, dit-il, à la date du 5 juillet 1890, la réforme qu’il s'agit de mettre à exécution touche à l'éducation tout entière sous ses trois aspects : l'éducation de l'intelligence, l'éducation du corps, l'éducation de la volonté, Avant tout, on s’est préoccrné d'établir entre ces trois parties de l’éducation un juste équilibre; notre régime scolaire tendait à rompre cet équilibre nécessaire au profit trop exclusif de la culture intellectuelle, Non seulement l'instruction y était considérée, ce qui est de droit, comme une partie essentielle et le principal moyen de l'éducation générale, mais, à force de réclamer des soins, elle y devenait en fait l'unique moyen et le tout de l'éducation, Nous serions donc inexcusables d'en rester là. Si l'éducation donnée dans nos collèges et dans nos lycées a pour objet, aujourd’hui plus que jamais, de faire des honvmes, rien de ce qui est de l’homme ne doit lui être étranger. ”

Après avoir parlé de l’importance des exercices physiques, il ajoute :

“Il (le Conseil supérieur) à voulu par-dessus tout que les questions de discipline morale reprissent dans les préoccupations des maîtres, à tous les degrés, la place qui leur est due, c’est-à-dire la première ; il a pensé enfin que l’Université aura rempli toute sa tâche quand les jeunes gens sortiront de ses mains avec un corps robuste et assoupli, une instruction solide et un jugement sain, une volonté droite et maîtresse d'elle-même.”

Ailleurs il dit encore : “ La simplification des programmes, exigée d’abord par les nécessités de l'éducation du corps, ne l'était pas moins par l'éducation même de l'esprit, mise en péril par la surcharge du savoir, Pendant une certaine

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période il n’a pas été exagéré de dire que dans les programmes de l’enseignement secondaire, le savoir ct l'intelligence, l’instruction et l'éducation, se trouvaient pour ainsi dire en conflit. Il semblait que pour constituer ces programmes, on se fût posé cette unique question: quel est le savoir le plus utile ? Et, sans doute, parce qu’on n’avait pas pu se décider à choisir entre tant de savoirs utiles, tous également patronnés par ceux qui en ont fait leur spécialité scientifique, on a entassé dans les programmes toute espèce de savoirs. L'expérience faite nous a prouvé que la question de l’enseignement secondaire, posée en ces termes, était mal posée; que le meilleur fruit de cet enseignement n’est pas tant la somme de savoir acquis que l'aptitude à en acquérir davantage, c'est-à-dire le goût de l'étude, la méthode de travailler, la faculté de s’assimiler ou même de découvrir, et que, pour mesurer les progrès de l'élève à la sortie du lycée, il y a moins à considérer l’espace parcouru que le mouvement qu’il a pour aller plus loin.”

Et après avoir dit que les capacités intellectuelles de l'enfant demeurent aujourd’hui ce qu’elles ont été de tout temps, tandis que la somme de science acquise s’accroît de siècle en siècle, il tire cette conséquence, que désormais, pour tous ceux qui auront à faire des programmes en vue d’un enseignement qui doit être général sans doute dans ses principes, mais non pas encyclopédique dans sa matière, le commencement de la sagesse sera de permettre d'ignorer. ”

“ C’est d’après ces principes qu’on à choisi et mesuré la matière du programme, sans chercher précisément quels sont les genres de savoir les plus utiles en eux-mêmes, mais avant tout quels sont les plus utiles par leur vertu éducatrice et comme discipline de l'esprit.”

J’ai cherché partout et j'avoue n'avoir pas trouvé dans ces programmes, dressés par un esprit essentiellement libéral, ni

la clavigraphie, ni la calligraphie, ni la sténographie ; au contraire, j'ai trouvé que l’enseignement des langues mortes et des littératures anciennes garde naturellement {4 première place, tout comme dans nos collèges les moins avancés,

Nos collèges, dirigés par le clergé, n’ont pas atteint, peutêtre, ce degré de perfection auquel visent les rares esprits d'élite de notre chctive patrie, mais je crois qu’ils donnent, au moins à ceux qui veulent en profiter, des principes aussi solides de saine éducation que les établissements de ce genre dans tous les pays.

Par malheur on est toujours porté à confondre l'éducation avec l’instruction, ce qui est la cause de bien des malentendus regrettables, faciles à écarter si l’on s’entendait mieux sur le sens précis des mots.

L'éducation, c’est le but que l’instituteur doit se proposer ; l'instruction n’est que le moyen d’arrivér à ce but, et certes pas toujours le moyen le plus important, dit Dupanloup. “Ce n’est pas seulement un moyen d'éducation auquel on a donné une interprétation excessive; c’est un moyen dans lequel on a fait consister l’œuvre tout entière.”

‘“ Chose étrange, continue-t-il, c’est l'instruction seule qui a pris depuis un demi-siècle, chez un grand peuple, le nom €: la place de l'éducation : l'éducation et l'instruction sont deux choses parfaitement distinctes,

“ L'éducation développe les facultés, l'instruction donne des connaissances ; l'éducation élève l’âme, l'instruction pourvoit l'esprit ; l'éducation fait l’homme, l'instruction fait le savant ; l'éducation est le but, l'instruction n’est qu'un des moyens,

“ L'éducation est donc singulièrement plus haute et plus profonde et plus étendue que l'instruction, L'éducation embrasse l’homme tout entier, l'instruction, non, et cependant parmi nous depuis cinquante ans l'instruction est tout, l'éducation n’est rien,

“ Pour l'instruction : 1° l'éducation morale et religieuse est entièrement négligée ; 2° bien plus, l'éducation intellectuelle elle-même est le plus souvent manquée......... On prétend donner des connaissances, puis, que les facultés se développent ou ne se développent pas à leur oecasion, que l'esprit s'élève ou non, on ne s’en inquiète guère ; c’est ce qu’on abandonne aux dispositions individuelles plus ou moins heureuses, au travail ou à la paresse de chaque enfant...

“ Mais cette fin même qu’on se propose, l'instruction, y arrive-t-on ?

“ Non, c’est impossible. Que peut-on faire en effet à un âge où l’on est pas encore capable d'apprendre. Pour que l'instruction pôût être vaste et solide, il faudrait que l'esprit eût été rendu capable d'apprendre, c’est-à-dire eût été préparé par une forte éducation. Jusque-là l'instruction proprement dite ne peut être que médiocre, et si elle ne l’est pas, si on la multiplie, si on l’exagère, elle n'instruit pas, elle charge l'esprit, elle n’élève pas les facultés, elle les écrase, elle les ruine...

“ A la fin de son éducation un jeune homme sera parfaitement élevé, intellectuellement parlant ; son éducation intellectuelle sera excellente, non pas s’il est très instruit mais s’il est très capable de s’instruire, Je dis plus ; s’il est très instruit je suis tenté de le plaindre : il sera probablement incapable de s’instruire davantage ?”.

C’est pour cela qu’il ne faut pas sacrifier l'éducation à l’instruction, Or, si dans tout notre système, l'éducation prévaut, l'éducation dans la famille, l'éducation dans les collèges, il est impossible que notre système soit vicieux, puisque notre pays est imprégné de l’idée religieuse, qu’elle domine partout, au foyer domestique, comme sur les bancs de l’école. C’est cette idée religieuse, chassée de l'instruction officielle en France, que l’on veut remplacer on ne sait trop comment

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