‹ Discours sur l'instruction publique [microforme]Chapitre 5 sur 5 · NE AR · texte numérisé non relu

NE AR

“S'il est un peuple qui ait tout attendu de la puissance de l'éducation”, dit M. F. Buisson, dans son rapport sur l'instruction primaire à l’exposition universelle de Philadelphie, ‘“ qui ait intimement uni ses destinées nationales au développement de ses écoles, qu: ait fait de l’instruction publique la garantie suprême de ses libertés, la condition de sa prospérité, la sauvegarde de ses institutions: c’est assurément le peuple des Etats-Unis.

“Ce rôle assigné à l’école dans la vie sociale, a été de tout temps le premier trait caractéristique que les étrangers ont remarqué dans les mœurs américaines, Et à mesure que les Etats-Unis grandissent, cette sollicitude pour l’éducation de la jeunesse, loin de se démentir, entre davantage dans l'esprit public et se traduit en actes plus décisifs.

‘“ Ce qui pouvait paraître au début un élan passager d’enthousiasme, un généreux entraînement, a pris avec le temps toute la force d’une conviction raisonnée, ou, plutôt d’une certitude positive, Ce n’est plus l’œuvre de quelques philanthropes, de quelques sociétés religieuses, c'est un service public pour lequel les Etats, les communes, les villes inscrivent dans leurs budgets ordinaires des sommes qu'aucun pays au monde n'avait imaginé jusque-là de consacrer à l'éducation. Loin de se rétrécir le plus possible en s’enfermant dans les limites du strict nécessaire, de l'éducation élémentaire et obligatoire, cette générosité va jusqu’à déclarer libres, c’est-à-dire gratuits pour tous et pour toutes, les établissements d'enseignement primaire supérieur et même d’enseignement secondaire, Pour ordonner cette conduite, la loi et les mœurs sont d'accord, l'opinion publique approuve, exige même ces sacrifices : tant il est devenu évident à tous les yeux que l'avenir du peuple américain sera ce que le feront ses écoles.”

Je termine ici ces remarques trop longues, je l’avoue, mais moins longues pourtant que les critiques acerbes de nos réformateurs,

J'ai voulu dire la vérité telle que j'ai cru la voir, la vérité sans flatterie et sans faiblesse,

Notre éducation, considérée dans son ensemble, est pure, élevée, Examinée par le menu de l’enseignement, elle peut laisser à reprendre, à améliorer, Faut-il pour cela travailler à semer le découragement dans la population, s'évertuer à démontrer que nous avons fait fausse route, et que l’éducation publique chez nous est à peine sortie de l'enfance ?

Le progrès ne viendra pas des disputes, des querelles, des pamphlétaires, mais de la réflexion froide et calme des autorités prêtant main forte à l’action des hommes sincères pour assurer une chose toute simple : conserver ce qui est bon, tout en amendant avec prudence ce qui a besoin de perfectionnement.

L'éducation religieuse nous a sauvés parce qu'elle fut et qu’elle est restée nationale en même temps. Mettez à sa place la science moderne, sans élan, sans générosité, la science du tout pour les écus, et craignez que nous ne tombions victimes de ce puissant dissolvant,

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