‹ Discours sur l'origine et les progrès de la légilation et de laChapitre 3 sur 3 · DE l'origine et des PROGïdÈs, etc · texte numérisé non relu

DE l'origine et des PROGïdÈs, etc

qui peut porter les hommes vers le bien, et ennoblir leurs destinées, amène l'ëgoïsme et l'indifférence , redoutables précurseurs et signes infaillibles de la destruction des empires. C'est quand les Romains , corrompus par des sophistes , eurent abandonné les croyances de leurs ancêtres , qu'éclatèrent les fureurs de Marins et de Sylla. Us n'eurent plus de patrie , quand ils n'eurent plus de religion.

Le même César qui avoit mérité qu'au milieu du Sénat, Caton l'appelât mauvais citoyen, pour avoir nié l'immortalité de l'âme , et l'espérance d'une autre vie , fut aussi l'oppresseur de Rome, etle destructeur de la liberté pubUq^e . Les hommes qui , dans leur jeunesse , chantoient sur les théâtres, qu'il n'y a rien après la mort, étoient amis ou complices de Catilina : plus tard ils frayèrent le chemin du pouvoir suprême , au général qui toumoit contre la patrie les armes qu'elle lui avoit confiées pour la défendre ; et la Providence, toujours juste, voulut que , dans leur vieillesse , ils fussent esclaves ou victimes du plus rusé des tyrans.

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qui peut porter les hommes vers le bien , et ennoblir leurs destinées, amène l'ëgoïsme et l'indifférence , redoutables précurseurs et signes infaillibles de la destruction des einpires. C'est quand lès Romains , corrompus par des sophistes , eurent abandonné les croyances de leurs ancêtres , qu'éclatèrent les fiireurs de Marins et de Sylla. Us n'eurent plus de patrie , quand ils n'eurent plus de religion. ,

Le même César qui avolt mérité qu'au milieu du Sénat, Caton l'appelât mauvais citoyen, pour avoir nié l'immortalité de l'âme , et l'espérance d'une autre vie, fut aussi l'oppresseur de Rome,etle destructeur de la liberté publique. Les hommes qui , dans leur jeunesse , chantoient sur les diéâtres, qu'il n'y a rien après la mort, étoient amis ou complices de Catilina : plus tai'd ils frayèrent le chemin du pouvoir suprême , au général qui tournoit contre la patrie les armes qu'elle lui avoit confiées pour la défendre ; et la Providence, toujours juste, voulut que , dans leur vieillesse , ils fussent esclaves ou victimes du plus rusé des tyrans.

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